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Système immunitaire

Les molécules du café renforceraient le système immunitaire

Prendre une tasse de café sortant de la machine permet de se réchauffer lors d’une journée un peu froide. Cependant, cette boisson pourrait également participer à la stimulation de votre système immunitaire afin de mieux lutter contre les infections. Des chercheurs brésiliens viennent en effet de prouver que les boissons contenant de la caféine activent les cellules du système immunitaire humain.

De nombreuses boissons chaudes à base d’eau peuvent être considérées comme « caféinées ». Le café rentre évidemment dans cette catégorie, mais c’est aussi le cas du thé vert, du thé noir ou encore du maté. En plus de la caféine, ces boissons sont composées d’un savant mélange de différentes molécules pouvant présenter des bienfaits inattendus.

Une étude publiée ce mois-ci par l’université fédérale de Santa Maria au Brésil révèle l’impact de ces boissons sur différentes cellules de notre système immunitaire. Ces cellules nous défendent contre les organismes pathogènes et permettent donc le bon fonctionnement de notre corps en nous maintenant en bonne santé.

Résultats

Lors de leurs expérimentations, les chercheurs ont observé que des molécules anti-inflammatoires étaient libérées lorsque les cellules étaient exposées à des extraits de café. Cette activation du système immunitaire était observée même lorsque le café avait été préparé rapidement (temps d’extraction court au contact avec de l’eau chaude). En particulier, les méthylxanthines contenues dans le café présentent des effets positifs dans la lutte contre certaines infections chroniques.

Les résultats de cette étude suggèrent donc que les boissons caféinées peuvent améliorer l’efficacité de notre organisme à lutter contre les inflammations aigües.

• L’étude : De Oliveira Alves A, Castagna Cezimbra Weis G, Unfer T et al. Caffeinated beverages contribute to a more efficient inflammatory response: Evidence from human and earthworm immune cells. Food Them Toxicol. 2019 ; 6 : 110809

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Système immunitaire

Les effets anti-inflammatoires du café… mais pas de la caféine

Cette revue de la littérature montre que la consommation de café exerce des effets anti-inflammatoires tandis que la caféine seule peut être pro- ou anti-inflammatoire.

La consommation de café est associée à une réduction du risque de maladies caractérisée par une inflammation de bas grade. Ici les auteurs ont revu toute la littérature sur la consommation de café et les taux sériques de marqueurs inflammatoires. Parmi l’ensemble des études cliniques, 15 études (8 sur le café et 7 sur la caféine) entraient dans leurs critères d’inclusion.
Les auteurs ont observé une augmentation des taux d’adiponectine dans 4/7 études sur le café filtre, décaféiné ou normal et après consommation de café moyennement ou fortement torréfié. Par contre, la caféine n’avait aucun effet. Aucune des 5 études sur le café ayant mesuré la protéine C-réactive (PCP) n’a observé de changement. Seule une étude sur la caféine a observé une diminution des taux de CPR. Les taux d’interleukine (IL)-6 ont été augmentés par le café normal dans 1/4 études sur le café et 3/5 études sur la caféine. La caféine a également augmenté les taux d’IL-10 dans 2/3 essais.
Ces données montrent l’action anti-inflammatoire prédominante du café, mais pas de la caféine. Celle-ci à un effet complexe sur le système inflammatoire en générant à la fois des réponses pro- et anti-inflammatoires.

Référence
Paiva C et al. Consumption of coffee or caffeine and serum concentration of inflammatory markers: A systematic review. Crit Rev Food Sci Nutr 2017. doi: 10.1021/acs.jafc.7b04506.

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Foie et rein Santé générale Système immunitaire

Cohorte multi nationale EPIC sur le café

Le Journal international de médecine a publié un résumé sur les résultats de la cohorte EPIC qui indique qu’une consommation élevée de café est associée à un risque de décès plus faible et à une amélioration de divers biomarqueurs, de la fonction hépatique ou de l’inflammation.

> Lire la suite : https://www.jim.fr/e-docs/encore_du_grain_a_moudre_sur_le_cafe__167202/document_actu_med.phtml

 

• L’étude : Gunter MJ, Murphy N, Cross AJ et al. Coffee Drinking and Mortality in 10 European Countries : a multinational cohort study. Gunter Marc. Annals Intern Med 2017 ; 167 : 236-47. doi: 10.7326/M16-2945.

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Système digestif Système immunitaire

La caféine, utile pour lutter contre la maladie inflammatoire du côlon ?

D’autres études ont déjà mis en évidence les propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires de la caféine et d’autres constituants du café. Ces effets de la caféine avaient été observés en particulier avec les entérobactéries. Ce travail confirme l’effet de la caféine dans l’inflammation du côlon et propose un mécanisme sous-jacent à cette action.

L’apparition d’une maladie inflammatoire du côlon (MIC) est liée en partie à l’invasion bactérienne des cellules épithéliales intestinales (CEIs) et leur interaction avec les compartiments sous-muqueux. Le blocage de ces interactions pourrait prévenir la colite précoce. Une protéine, la chitinase 3-like 1 (CHI3L1), facilite l’invasion bactérienne des CEIs. Sa production chez l’homme dépend de différents facteurs. La chitinase 3‐like 1 (CHI3L1) est une protéine hôte inductible qui facilite l’invasion bactérienne des CEIs. Ici les auteurs ont testé les effets de la caféine qui inhibe cette enzyme in vitro sur des lignées cellulaires de CEI et in vivo sur des souris chez lesquelles une colite a été induite par 3,5 % de dextran sulfate de sodium (DSS). In vitro, le traitement par la caféine a réduit l’expression de l’ARNm de CHI3L1, donc la production de la protéine. Ce processus est associé à une réduction dose-dépendante de l’invasion bactérienne. In vivo, les souris traitées par la caféine ont développé une colite plus tardive après DSS, perdu moins de poids et obtenu de meilleurs scores histologiques et cliniques. La migration des bactéries vers d’autres organes et la production de cytokines pro-inflammatoires ont également été réduites par la caféine. Cette étude permet de confirmer les propriétés antibactériennes de la caféine et les auteurs suggèrent que cela pourrait être une voie thérapeutique économique et sans danger pour le traitement de la MIC.

 

Pour en savoir plus :

Lee IA et al. Oral caffeine administration ameliorates acute colitis by suppressing chitinase 3‐like expression in intestinal epithelialcells. J Gastroenterol. 2013 Aug 8. [Epub ahead of print]

 

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Sports Système immunitaire

Quel effet de la caféine dans la réponse inflammatoire après une course à pied ?

Des auteurs se sont intéressés aux effets d’une supplémentation en caféine sur la réponse inflammatoire (taux d’IL-6, d’IL-10 et nombre de leucocytes) induite par une course de 15 km, sur les métabolites énergétiques et sur le stress oxydatif engendré par cet exercice.

Cette étude était réalisée en double aveugle. Trente-trois athlètes y participaient. Avant la course, ils prenaient soit 6 mg/kg de poids corporel de caféine (groupe caféine, n = 17) ou un placebo (groupe placebo, n = 16). Des échantillons de sang étaient prélevés avant et après la compétition (immédiatement et 2 heures après). Les concentrations de marqueurs de stress oxydatif, d’antioxydants, des interleukines, de caféine, d’adrénaline et des métabolites énergétiques, ainsi que le nombre de leucocytes, étaient mesurés dans le plasma ou le sérum.

Au terme de cette expérience, il s’avère que la supplémentation en caféine induit une augmentation des leucocytes circulants totaux et des neutrophiles, avec des différences significatives entre les groupes. Il en était de même pour l’adrénaline, le glucose et les taux de lactate après exercice. L’augmentation des taux d’IL-6 et IL-10 induits par l’exercice était accentuée par la prise de caféine, en parallèle avec les marqueurs du stress oxydatif.

Ainsi, la supplémentation en caféine pourrait limiter la réaction inflammatoire nécessaire -mais souvent excessive- liée à l’exercice, ainsi qu’en témoigne l’augmentation des taux d’IL-6 et 10. L’augmentation des taux d’IL-6 et de lactate serait liée à une augmentation de l’adrénaline engendrée par la caféine. Par contre, la caféine semble augmenter le stress oxydatif induit par la course mais le mécanisme sous-jacent n’est pas connu.

Source : Tauler P et al. Effects of caffeine on the inflammatory response induced by a 15-km run competition. Med Sci Sports Exerc. 2013 Jan 4. [Epub ahead of print]

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Cerveau Système immunitaire

Un constituant du café exerce des propriétés neuroprotectrices et anti-inflammatoires dans un modèle de maladie de Parkinson

La consommation de café est associée à une réduction du risque de développer une maladie de Parkinson (MP), un effet qu’on attribue en grande partie à la caféine. Mais le café est riche d’un bon nombre de constituants autres tels que l’eicosanoyl-5-hydroxytryptamide (EHT). Ce composé est efficace chez la souris transgénique a-synucléine. Chez cette souris, l’EHT réduit l’agrégation et la phosphorylation des protéines, améliore l’intégrité neuronale et réduit la neuroinflammation. Ici les auteurs ont appliqué le traitement par l’EHT à un modèle de MP, le MPTP.

Ils ont montré que l’EHT ajoutée à la nourriture pendant 4 semaines a permis de préserver un plus grand nombre de neurones dopaminergiques chez les souris MPTP, de réduire la perte du contenu en dopamine et son enzyme de synthèse, la tyrosine hydroxylase dans le striatum et enfin d’atténuer significativement les marqueurs de neuroinflammation et de stress oxydatif chez ces souris.

Parallèlement, les auteurs ont montré in vitro, dans des cultures de cellules gliales, l’effet anti-inflammatoire et anti-oxydant de l’EHT. Enfin, l’EHT réduit la déméthylation de la phosphoprotéine phosphatase 2A (PP2A) qui régule les voies de phosphorylation cellulaire et dont le degré de méthylation et donc d’activité est diminué dans la MP.

Ainsi, il apparaît que l’EHT peut exercer un effet neuroprotecteur dans le modèle MPTP de MP et ceci par plusieurs mécanismes, une activité anti-inflammatoire et anti-oxydante, ainsi que sa capacité à moduler la méthylation et ainsi l’activité de PP2A. Ces données ouvrent de nouvelles perspectives sur la capacité de divers constituants du café à intervenir dans son effet préventif dans les maladies neurodégénératives et en particulier la MP.

Pour en savoir plus : Lee KW, Im JY, Woo JM, et al. Neuroprotective and anti-inflammatory properties of a coffee component in the MPTP model of Parkinson’s Disease. Neurotherapeutics. 2013 ; 10 : 143-53.

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Système immunitaire

Des propriétés antivirales et virucides pour le café

Des extraits de café, la caféine et l’acide caféique testés sur le virus herpès HSV-1 et le virus de la poliomyélite

 

Une équipe japonaise a fait le point en 2009, dans la revue « Current Medicinal Chemistry », sur les propriétés antivirales et virucides des produits naturels. Parmi ceux-ci, le café et certains de ses constituants qui ont des effets démontrés in vitro sur le virus HSV-1 et celui de la poliomyélite. Il reste à voir bien sûr dans quelle mesure ces propriétés pourraient s’exercer chez l’homme, lors d’une infection par l’un de ces virus.

 

 

Le café a des propriétés antivirales et virucides

 

On a ainsi montré que la réplication du virus herpétique HSV-1 était réduite de manière importante, et dose-dépendante, par des extraits de café d’origines géographiques très variées. Cet effet est retrouvé avec des cafés instantanés à des concentrations bien moindres que celles retrouvées dans une tasse de café en poudre. Même le café décaféiné a une activité antivirale similaire à celle du café normal. Environ 70 à 80 % des particules virales infectieuses ont pu être inactivées à une dose correspondant au cinquième de la concentration normale de poudre de café dans une tasse. L’inactivation est rapide et se produit pratiquement instantanément après le mélange des particules virales avec l’extrait de café.

De plus, la présence de cette activité antivirale dans les différentes préparations de café testées suggère que celle-ci n’est pas affectée par le mode de préparation du café.

D’autres études réalisées sur le virus de la poliomyélite ont également montré que les extraits de café inhibaient la multiplication des poliovirus, avec un degré de sensibilité identique au virus HSV-1, indépendamment de l’origine géographique du café.

Cette activité similaire du café contre la réplication des poliovirus et du HSV-1 montre que l’activité antivirale du café ne dépend pas de la manière dont le virus se réplique. Par contre, à l’inverse du HSV-1, le café n’a pas d’effet virucide direct sur le poliovirus, montrant que son activité virucide semble dépendre de la présence de membranes lipidiques.

Quels sont les constituants du café responsables de l’effet antiviral ?

 

Il a été montré que la caféine avait une activité antiherpétique. L’effet de la caféine sur le virus de l’herpès dépend de la concentration, mais, à la concentration de 5 mM – qui est celle retrouvée habituellement dans le café -, l’activité de la caféine n’est pas suffisante pour expliquer l’effet anti-herpétique des extraits de café.

Parmi les polyphénols testés (acides quinique, chlorogénique et caféique), seul l’acide caféique a une activité inhibitrice 10 fois plus élevée que la caféine contre la multiplication du virus HSV-1. Il s’avère donc que d’autres constituants du café non encore identifiés doivent avoir une activité antivirale élevée.

Deux virus ARN, celui de la poliomyélite et celui de la grippe, sont moins sensibles à la caféine. La multiplication des virus de la grippe n’est apparemment pas affectée par la caféine, alors que celle des poliovirus l’est légèrement.

En conclusion

Le café a des propriétés antivirales larges car il semble pouvoir inhiber la multiplication des virus ARN et ADN qui diffèrent largement dans leur structure de virion (enveloppé ou non enveloppé) et dans leurs voies de réplication et de transcription du génome (dans le noyau ou le cytoplasme).

Astrid Nehlig
(
Directrice de Recherche, Inserm U666, Faculté de médecine, Strasbourg)
Santé et Café News 42 – octobre 2009

 

Pour en savoir plus
Arakawa T, Yamasaki H, Ikeda K et al.
Antiviral and virucidal activities of natural products. Curr Med Chem 2009 ; 16 : 2485-97.