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Cellules et ADN

L’addition de lait et de sucre au café modifie la biodisponibilité des polyphénols

Une revue vient de montrer que l’addition de lait et de sucre (mais pas de stevia) au café modifie l’absorption des polyphénols au niveau intestinal. Mieux vaut donc boire son café nature pour profiter au maximum de ses propriétés antioxydantes.

 

Les boissons contenant du lait sont appréciées par le consommateur aussi bien pour leur goût que pour leurs propriétés nutritionnelles. L’addition de lait à des boissons amères comme le thé et le café dans l’objectif de diminuer leur amertume et leur astringence est fréquente. Ses conséquences potentielles ont fait l’objet d’une revue récente, en particulier au niveau de la biodisponibilité et l’absorption des polyphénols antioxydants contenus dans ces boissons ainsi qu’au niveau des protéines du lait. L’ajout de lait ou de sucre au café ou au thé affecte la biodisponibilité des protéines du lait (caséine), mais aussi certaines propriétés des polyphénols antioxydants, en particulier leur pouvoir anti-radicaux libres et en conséquence diminue les propriétés bénéfiques pour la santé de ces boissons. Cependant, l’utilisation de stevia pour sucrer le thé et le café n’affecte pas la capacité antioxydante de ces boissons. Cette revue ne contient par contre aucune information sur l’utilisation de succédané de crème. Mieux vaut donc boire son café nature pour profiter des propriétés des nombreux antioxydants de ce breuvage.

 

Référence

Bhagat AR, Delgado AM, Issaoui M et al. Review of the Role of Fluid Dairy in Delivery of Polyphenolic Compounds in the Diet: Chocolate Milk, Coffee Beverages, Matcha Green Tea, and Beyond. J AOAC Int 2019 Jun 26.

 

 

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Cellules et ADN

La caféine pour traiter une maladie orpheline ?

En buvant deux tasses de café par jour, les symptômes d’un enfant de 11 ans atteint de mouvements incontrôlés liés à une maladie orpheline ont presque disparu. Des médecins français ont rapporté ce cas dans la revue Annals of internal medicine en juin dernier. Et ce sont les parents qui ont démontré l’efficacité du traitement par inadvertance : après quelques semaines, le café ne faisait plus effet, les mouvements avaient repris. Ils se rendent alors compte qu’ils ont acheté du café décaféiné. Par leur erreur, ils démontrent l’efficacité de la caféine pour diminuer les symptômes de la maladie de leur enfant qui a pu retrouver une vie normale (rentrer à pied de l’école, écrire sans difficulté, etc.).

• L’étude : https://annals.org/aim/article-abstract/2735723/caffeine-dyskinesia-related-mutations-adcy5-gene

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Cellules et ADN

La consommation quotidienne de café protège l’intégrité de notre ADN

Par rapport à l’eau, la consommation quotidienne de café permet de réduire significativement la rupture de nos brins d’ADN, aussi bien chez les femmes que chez les hommes ce qui est en accord avec les effets protecteurs du café dans diverses maladies.

 

De nombreuses études épidémiologiques et expérimentales suggèrent que la consommation de café est associée à une réduction du risque de développer diverses maladies comme certains cancers, les maladies cardiovasculaires et inflammatoires du colon ainsi que le diabète. Toutes ces maladies sont caractérisées par une atteinte à l’intégrité de l’ADN.

Deux études expérimentales viennent de paraître dans ce contexte. La première étude (1) a tenté de déterminer si la consommation de café protégeait davantage que l’eau des dommages subis par l’ADN. L’étude a inclus 50 femmes et 50 hommes d’Europe centrale répartis au hasard entre le groupe café et le groupe eau avec une stratification pour le sexe et l’indice de masse corporelle. Elle s’est déroulée en deux phases de 4 semaines chacune : une première phase de préconditionnement avec une consommation quotidienne d’au moins 500 ml d’eau sans café, ni thé, ni boisson contenant de la caféine. Pendant la phase d’intervention, le groupe café a consommé 500 ml/jour d’un cru de café fortement torréfié et le groupe contrôle a consommé de l’eau. Le dernier jour de chacune des périodes, des échantillons de sang ont été prélevés sur chaque participant et le dommage à l’ADN a été analysé.

À la fin de la période d’intervention, le niveau moyen de rupture des filaments d’ADN était réduit de 23 % dans le groupe café par rapport au groupe eau sans modification de changement de masse corporelle ou de consommation calorique, et ceci aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

 

La seconde étude (2) a porté sur 96 sujets, 48 exposés au café et 48 buvant de l’eau (23 hommes et 25 femmes dans chaque groupe). Après 4 semaines de préconditionnement, les sujets du groupe café ont consommé 750 ml de pur café Arabica pendant 8 semaines dont la concentration en antioxydants était connue alors que les témoins ont consommé 750 ml d’eau chaude. Les sujets n’ont pas consommé d’autre type de café, ni de thé, ni de boisson contenant de la caféine pendant la période d’intervention. Comme dans l’étude précédente, le niveau moyen de rupture des filaments d’ADN était réduit dans le groupe café par rapport au groupe eau. Les auteurs ont de plus identifié un nouveau mécanisme moléculaire à l’origine de cette protection.

 

Ces deux études expérimentales mettent en évidence les effets bénéfiques et protecteurs de la consommation de café sur l’intégrité de notre ADN.

 

Pour en savoir plus :

  1. Schipp D, Tulinska J, Sustrova M, et al. Consumption of a dark roast coffee blend reduces DNA damage in humans: results from a 4-week randomised controlled study. Eur J Nutr 2018 Nov 17. [Epub ahead of print]
  2. Pahlke G, Aichinger G, Hochkogler CM, et al. Dark coffee consumption protects human blood cells from spontaneous DNA damage. J Funct Foods. 2019 ; 55 : 285-95.
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Cellules et ADN

Le café modifie l’expression de certains gènes

De nombreuses études ont mis en évidence des effets bénéfiques, souvent dose-dépendants, de la consommation régulière de café sur la santé. Dans ce travail novateur, les auteurs ont montré un effet du café sur de nombreux gènes et ouvrent des perspectives intéressantes pour l’étude des mécanismes sous-jacents à l’action du café sur notre santé.

Au cours des dernières décennies, la recherche a mis en évidence de nombreux effets positifs de la consommation régulière de café sur la santé. Les Norvégiens sont les deuxièmes plus grands consommateurs de café au monde et l’étude qui nous intéresse a précisément été réalisée sur cette population. Un groupe d’auteurs norvégiens a étudié le génome au niveau de l’expression des ARN messagers (ARNm) issus du sang circulant dans une population de 958 femmes libres de tout cancer et recrutées dans la Norwegian Women and Cancer Post-Genome Cohort. Ils ont recherché chez ces femmes les associations potentielles entre la consommation de café et les profils d’expression génétique et ont tenté d’établir des relations fonctionnelles. Sur les 958 femmes incluses, 132 ont été qualifiées de faibles consommatrices (< 1 tasse de café/j), 422 de consommatrices modérées (1-3 tasses de café/j) et 404 de consommatrices élevées (> 3 tasses de café/j).

À un degré de significativité < 0,05, 139 gènes étaient différemment exprimés chez les faibles et grandes consommatrices de café. Il s’agit essentiellement de gènes reliés aux processus inflammatoires, à la minéralisation osseuse et à diverses voies métaboliques. Un sous-groupe de 298 femmes non fumeuses, faibles consommatrices de thé, a été constitué afin de permettre d’isoler les effets du café de ceux du tabac et de ceux de la caféine provenant de la consommation de thé. Dans ce sous-groupe, 297 gènes étaient différemment exprimés chez les faibles et grandes consommatrices de café. Il s’agissait principalement de gènes impliqués dans la régulation de l’inflammation et les processus métaboliques mitochondriaux.

Dans cette étude, la première du genre, les auteurs ont pu mettre en évidence que l’expression des ARNm de certains gènes pouvait être influencée par la quantité de café consommée. Les résultats d’une telle étude, bien qu’elle soit préliminaire et observationnelle, ouvrent des perspectives intéressantes pour la compréhension des effets du café sur la santé.

 

Pour en savoir plus

Barnung BR, Nøst TH, Ulven SM et al. Coffee Consumption and Whole-Blood Gene Expression in the Norwegian Women and Cancer Post-Genome Cohort. Nutrients 2018 ; 10(8).

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Cellules et ADN

[Étude] La génétique et le café

Selon une première étude, l’assimilation du café et les effets en découlant seraient partiellement imputables au gène PDSS2. Ce gène inhiberait la dégradation du café dans l’organisme, expliquant que les personnes avec une plus haute expression de ce gène boivent moins de café.

 

Une autre étude pointe que les hommes métaboliseraient plus rapidement la caféine par rapport aux femmes. Les hommes ressentiraient en effet l’effet de la caféine plus fortement.

 

> Lire la suite : https://www.lci.fr/nutrition/palpitations-bouffees-de-chaleur-troubles-du-sommeil-pourquoi-certaines-personnes-ne-supportent-pas-le-cafe-2106328.html

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Cellules et ADN

Nos gènes influencent notre réaction à la caféine

Cette revue montre que notre variabilité génétique influe sur notre consommation quotidienne de caféine, sur sa métabolisation et ses effets.

La recherche récente a mis en évidence que notre variabilité génétique était susceptible d’affecter l’impact de nos réponses physiologiques à la consommation de caféine sous toutes ses formes (café, thé, sodas, etc.). Dans cette revue, des auteurs américains et grecs ont réalisé une compilation de la littérature sur les effets de l’impact de certains sites génétiques sur la consommation habituelle de caféine, et sur les conséquences anxiogènes et ergogènes de la caféine. Les études sélectionnées ont impliqué des participants humains et remplissaient au moins un des critères suivants :

(a) l’analyse génétique des individus consommateurs habituels de caféine ;

(b) l’analyse génétique des individus chez lesquels des mesures de performance ont été réalisées après la consommation de caféine ;

(c) l’analyse génétique des individus qui ont subi des évaluations d’humeur après la consommation de caféine.

Les auteurs ont retenu 26 études (10 essais randomisés contrôlés, 5 essais contrôlés, 7 études transversales, 3 études interventionnelles sur un groupe unique et une étude cas-témoin). Les SNPs (Single Nucletide Polymorphism) situés dans ou à proximité des gènes codant le cytochrome P450 1A2 (CYP1A2) responsable de 95 % du métabolisme de la caféine et le récepteur aryl-hydrocarbone (AHR) ainsi que le gène du récepteur A2A de l’adénosine (ADORA2A), cible de la caféine et vecteur de ses effets biologiques étaient associés de manière consistante avec la consommation de caféine, mais il n’a pas encore montré si le lien était direct ou indirect. La variabilité au niveau du gène CYP1A2, en association avec des facteurs de l’environnement (consommation élevée de caféine, tabac) impacte également la métabolisation de la caféine. Plusieurs études ont montré que les conséquences anxiogènes de la caféine différaient en fonction des génotypes du récepteur A2A de l’adénosine (ADORA2A). Par contre, les études recherchant les effets de la variabilité génétique sur le bénéfice ergogène due à la caféine font état de résultats équivoques pour le lien avec gène CYP1A2 et nécessitent des études additionnelles pour le gène ADORA2A. On peut regretter que cette revue n’ait pas considéré l’impact de la variabilité génétique sur les conséquences de la consommation de caféine sur le sommeil malgré l’abondance des données sur le sujet dans la littérature.

 

Pour en savoir plus

Fulton JL, Dinas PC, Carrillo AE et al. Impact of Genetic Variability on Physiological Responses to Caffeine in Humans: A Systematic Review. Nutrients 2018 ; 10(10).

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Cellules et ADN

[Étude] Le café, ami des mitochondries

Une étude britannique met en valeur les bienfaits du café sur le cœur et explique cette action positive par les mitochondries. En effet, les chercheurs ont montré que la protéine p27, synthétisée par la mitochondrie, participe à la protection et à la réparation du muscle cardiaque. La caféine agit sur la production de cette protéine. Selon les chercheurs : « Ces résultats devraient conduire à de meilleures stratégies pour protéger le muscle cardiaque contre les dommages, y compris la prise en compte de la consommation de café ou de la caféine en tant que facteur diététique supplémentaire chez les personnes âgées. »

> Lire la suite : https://medicalxpress.com/news/2018-06-caffeine-cups-coffee-heart-mitochondria.html

• L’étude : Ale-Agha N, Goy C, Jakobs P, Spyridopoulos I, Gonnissen S, Dyballa-Rukes N, et al. (2018) CDKN1B/p27 is localized in mitochondria and improves respiration-dependent processes in the cardiovascular system—New mode of action for caffeine. PLoS Biol 16(6): e2004408. doi.org/10.1371/journal.pbio.2004408

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Cellules et ADN Santé générale

Café, mortalité et variabilité génétique

Toutes les études prospectives d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie ont mis en évidence une association inverse entre consommation de café et mortalité, incluant la mortalité d’origine cardiovasculaire et par certains cancers. Toutefois, il reste des inconnues, en particulier par rapport à certains polymorphismes génétiques qui affectent le métabolisme de la caféine ainsi que chez les consommateurs de plus de 5 tasses de café quotidiennes. Cette étude de population a été réalisée à partir des données de la UK Biobank qui a invité environ 9,2 millions d’individus du Royaume-Uni à participer et a évalué les associations entre consommation de café et score génétique pour le métabolisme de la caféine. L’étude a démarré en 2006 et s’est terminée en 2016 et a concerné 498 134 sujets. La consommation de tous types de café a été prise en compte, consommation totale, filtre, instantané et décaféiné. L’âge moyen des participants était de 57 ans (38-73 ans) ; 271 019 (54 %) étaient des femmes, et 387 494 (78 %) des consommateurs de café. Sur les 10 ans de suivi, 14 225 décès se sont produits. Les auteurs ont observé que la consommation était inversement associée à la mortalité toutes causes. Par rapport aux non-consommateurs, la réduction de risque était de 6 % pour moins d’une tasse de café/jour, 8 % pour une tasse, 12 % pour 2-3 et 4-5 tasses, 16 % pour 6 tasses, et 14 % pour au moins 8 tasses de café/jour. Les associations observées sont similaires pour le café filtre, instantané et décaféiné pour toutes les causes de mortalité, indépendamment du score génétique, c’est-à-dire que les individus sont des métaboliseurs lents ou rapides de la caféine. Ces données confortent les observations antérieures selon lesquelles le café peut faire partie d’un régime alimentaire équilibré.

Pour en savoir plus :

Loftfield E, Cornelis MC, Caporaso N et al. Association of coffee drinking with mortality by genetic variation in caffeine metabolism: Findings from the UK Biobank. JAMA Intern Med 2018 ; 178 : 1086-97.

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Cellules et ADN

Du café pour nos gènes

Et si le café agissait sur nos gènes ? Face à cette question, des chercheurs américains peuvent répondre : oui ! En effet, le café ralentirai la réduction des télomères (les extrémités de nos chromosomes qui, avec le temps, raccourcissent naturellement). Les chercheurs ont montré que la consommation de café était associée à des télomères plus long, et moins long chez les non buveurs. Le constituant responsable de cet effet n’a pas encore été identifié.

 

• L’étude : Larry A. Tucker. Caffeine consumption and telomere length in men and women of the National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES). Nutrition & Metabolism 2017 ; 14 : 10. https://doi.org/10.1186/s12986-017-0162-x

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Cellules et ADN Cerveau

Effets de la caféine sur le développement des projections neuronales

Une première étude moléculaire sur les effets de la caféine sur des neurones en culture a mis en évidence un effet de la caféine sur le développement des projections neuronales. Bien que la caféine soit la substance psychoactive la plus consommée dans le monde, on ne connait pratiquement rien de son effet sur l’expression des gènes dans les neurones.
Un groupe suédois associé à des chercheurs d’autres pays vient de réaliser une étude sur l’impact d’une exposition de neurones en culture à deux doses de caféine correspondant à une consommation humaine pendant 9 heures. Les auteurs ont confirmé l’activation rapide (dès 1 heure d’exposition) des gènes précoces, qui avait déjà été montrée. Mais ils ont aussi mis en évidence, à 3 heures d’exposition, une activation des processus de développement des projections neuronales et une répression de la régulation négative des processus d’extension des axones. Ces deux processus conjugués gouvernent le développement des connexions neuronales. Ces mécanismes doivent être approfondis, mais, s’ils persistent à long terme, ils pourraient représenter la base moléculaire des effets de la caféine sur la cognition et les effets préventifs de sa consommation sur les maladies cognitives de type Alzheimer.

Référence :
Yu NY, Bieder A, Raman A et al. Acute doses of caffeine shift nervous system cell expression profiles toward promotion of neuronal projection growth. Sci Rep 2017 ; 7 : 11458.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5597620/