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Cellules et ADN

[Étude] Le café, ami des mitochondries

Une étude britannique met en valeur les bienfaits du café sur le cœur et explique cette action positive par les mitochondries. En effet, les chercheurs ont montré que la protéine p27, synthétisée par la mitochondrie, participe à la protection et à la réparation du muscle cardiaque. La caféine agit sur la production de cette protéine. Selon les chercheurs : « Ces résultats devraient conduire à de meilleures stratégies pour protéger le muscle cardiaque contre les dommages, y compris la prise en compte de la consommation de café ou de la caféine en tant que facteur diététique supplémentaire chez les personnes âgées. »

> Lire la suite : https://medicalxpress.com/news/2018-06-caffeine-cups-coffee-heart-mitochondria.html

• L’étude : Ale-Agha N, Goy C, Jakobs P, Spyridopoulos I, Gonnissen S, Dyballa-Rukes N, et al. (2018) CDKN1B/p27 is localized in mitochondria and improves respiration-dependent processes in the cardiovascular system—New mode of action for caffeine. PLoS Biol 16(6): e2004408. doi.org/10.1371/journal.pbio.2004408

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Cellules et ADN Santé générale

Café, mortalité et variabilité génétique

Toutes les études prospectives d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie ont mis en évidence une association inverse entre consommation de café et mortalité, incluant la mortalité d’origine cardiovasculaire et par certains cancers. Toutefois, il reste des inconnues, en particulier par rapport à certains polymorphismes génétiques qui affectent le métabolisme de la caféine ainsi que chez les consommateurs de plus de 5 tasses de café quotidiennes. Cette étude de population a été réalisée à partir des données de la UK Biobank qui a invité environ 9,2 millions d’individus du Royaume-Uni à participer et a évalué les associations entre consommation de café et score génétique pour le métabolisme de la caféine. L’étude a démarré en 2006 et s’est terminée en 2016 et a concerné 498 134 sujets. La consommation de tous types de café a été prise en compte, consommation totale, filtre, instantané et décaféiné. L’âge moyen des participants était de 57 ans (38-73 ans) ; 271 019 (54 %) étaient des femmes, et 387 494 (78 %) des consommateurs de café. Sur les 10 ans de suivi, 14 225 décès se sont produits. Les auteurs ont observé que la consommation était inversement associée à la mortalité toutes causes. Par rapport aux non-consommateurs, la réduction de risque était de 6 % pour moins d’une tasse de café/jour, 8 % pour une tasse, 12 % pour 2-3 et 4-5 tasses, 16 % pour 6 tasses, et 14 % pour au moins 8 tasses de café/jour. Les associations observées sont similaires pour le café filtre, instantané et décaféiné pour toutes les causes de mortalité, indépendamment du score génétique, c’est-à-dire que les individus sont des métaboliseurs lents ou rapides de la caféine. Ces données confortent les observations antérieures selon lesquelles le café peut faire partie d’un régime alimentaire équilibré.

Pour en savoir plus :

Loftfield E, Cornelis MC, Caporaso N et al. Association of coffee drinking with mortality by genetic variation in caffeine metabolism: Findings from the UK Biobank. JAMA Intern Med 2018 ; 178 : 1086-97.

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Histoire

[Pause café] Comment fait-on le déca ?

Le café décaféiné est un produit courant, pourtant, savez-vous comment il est été créé ? C’est un malheureux concours de circonstances qui est à l’origine de son « invention » comme le raconte un article du site Slate.

Pour info, le déca représente 4,2 % des ventes de café en France.

> Lire la suite : http://www.slate.fr/story/167375/comment-fabriquer-cafe-decafeine

 

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Foie et rein

Café : des constituants protecteurs du foie ?

Quels composants du café protègent notre foie ? Les études chez l’animal ont permis de déchiffrer les mécanismes ainsi que la nature des constituants du café impliqués dans les divers effets protecteurs du café sur le foie. Il reste à réaliser des études humaines d’intervention pour tester le dosage optimal du café pour maintenir la santé du foie.

Au cours des dernières décennies, des évidences épidémiologiques et expérimentales se sont accumulées sur les effets hépatoprotecteurs du café. Les modèles expérimentaux de maladie hépatique chez l’animal ont montré les effets bénéfiques de différents constituants du café ainsi que du café lui-même. Les effets réducteurs du café sur la stéatose hépatique ont pour cause principale la réduction de la synthèse des graisses et l’augmentation de la β-oxydation des acides gras induite par l’acide chlorogénique. De plus, le café induit l’augmentation du contenu hépatique en glutathion, menant à une réduction du stress oxydatif, et donc de la stéatose et de la fibrose. L’inhibition de la fibrose par le café passe par une réduction de l’inflammation et l’effet antagoniste de la caféine au niveau des récepteurs A2A de l’adénosine. Le café induit également une activation de l’apoptose et des capacités antioxydantes du foie qui interviennent dans la carcinogenèse hépatique et la croissance tumorale. Enfin, la consommation de café peut influencer la santé du foie via la modulation du microbiome intestinal ou le maintien de l’équilibre intestinal. Toutefois, il est bien clair que les mécanismes hépatoprotecteurs observés dans les modèles animaux ne peuvent pas être extrapolés directement à l’humain. Toutefois ces données pourraient être utilisées pour le design d’études de phase I de disponibilité et de dose-réponse permettant de dicter des recommandations sur la méthode optimale de préparation du café et la quantité idéale à absorber pour bénéficier des effets protecteurs du café sur le foie.

Pour en savoir plus :

Alferink LJM, Kiefte-de Jong JC, Murad SD. Potential mechanisms underlying the role of coffee in liver health. Semin Liver Di. 2018 ; 38 : 193-214.

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Système digestif

Grand buveur de café : moins de risque de pancréatite

Une nouvelle méta-analyse montre que les grands consommateurs de café pourraient être moins exposés au développement d’une pancréatite.

La consommation élevée de café pourrait avoir un rôle protecteur contre la pancréatite, mais les résultats des études plus anciennes sont hétérogènes. Un groupe américano-thaïlandais vient de réaliser une méta-analyse des données disponibles pour clarifier cette relation. Cette méta-analyse a inclus des études observationnelles comparant le risque de pancréatite chez les grands consommateurs de café par rapport aux consommateurs modérés. La méta-analyse a inclus 351 137 participants répondant aux critères de sélection. Les auteurs ont observé que le risque de pancréatite était significativement réduit de 22 % chez les grands consommateurs de café par rapport aux consommateurs plus modérés. Les effets pourraient être dus aussi bien à la caféine qu’aux autres constituants du café comme les polyphénols antioxydants et en particulier l’acide chlorogénique. Il reste cependant à comprendre la causalité de cette relation et à déterminer son applicabilité clinique.

Pour en savoir plus :

Wijarnpreecha K, Panjawatanan P, Mousa OY et al. Heavy Coffee Consumption and Risk of Pancreatitis: A Systematic Review and Meta-Analysis. Dig Dis Sci 2018 Jul 24. [Epub ahead of print]

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Cœur

Café et caféine : des effets cardioprotecteurs ?

Le café et la caféine n’induisent pas de fibrillation auriculaire et pourraient même être plutôt protecteurs pour des consommations élevées.

La caféine a souvent été considérée comme un facteur de risque dans la fibrillation auriculaire (FA). Pour clarifier ce point, un groupe américain vient de réaliser une méta-analyse des données disponibles sur le sujet. Celles-ci ont été obtenues à partir de 176 675 sujets dont 9 987 ont développé une fibrillation auriculaire (5,7 %). Les auteurs n’ont observé aucune différence dans l’incidence de FA chez les sujets consommant moins de 2 tasses de café/jour comparés aux sujets qui avaient une consommation plus élevée. Le risque de FA était plutôt plus élevé chez les sujets consommant de faibles quantités de café alors qu’il était réduit chez les individus consommant plus de 436 mg de caféine au quotidien, soit l’équivalent de 4 tasses de café. Il apparaît donc que la fibrillation artérielle n’est pas augmentée par la consommation de café et serait même plutôt réduite aux consommations élevées. Toutefois chez les individus spécifiquement sensibles à cet effet, il paraît raisonnable de limiter la consommation de caféine.

Pour en savoir plus :

Abdelfattah R, Kamran H, Lazar J et al. Does caffeine consumption increase the risk of new-onset atrial fibrillation? Cardiology 2018 ; 140 : 106-14.

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Santé générale

Âge et café : pas de risque de surmortalité

L’effet de la consommation de café sur la mortalité n’a été que peu étudié chez le sujet âgé. Une étude espagnole récente s’est penchée sur la relation entre la consommation et la mortalité toutes causes, cardiovasculaire ou par cancer chez 903 Espagnols (511 femmes) âgés de 65 ans et plus provenant de deux études de population, l’étude EUREYE-Spain et la Valencia Nutritional Survey. Les décès ont été enregistrés sur un suivi de 12 ans. Les auteurs ont enregistré 403 décès pendant la période de suivi de 12 ans dont 40 % d’origine cardiovasculaire, et dont 174 se sont produits pendant les 6 premières années, période pendant laquelle la mortalité d’origine cardiovasculaire était réduite par la consommation de café. Pour ce type de mortalité, les consommateurs de ≤1 et de plus d’une tasse de café/jour avaient un Hazard Ratio (HR) respectif de 0,82 (intervalle de confiance [IC] 95 % 0,46-1,44) et un HR de 0,38 (0,15-0,96). L’association entre café et mortalité cardiovasculaire est atténuée après 12 ans de suivi. Dans cette population vieillissante, les auteurs n’ont pas trouvé de lien entre consommation de café et mortalité toutes causes ou par cancer. En conclusion, la consommation de café apparaît sans risque dans cette population âgée, car en plus de son effet protecteur au niveau cardiovasculaire, elle n’a entraîné aucune surmortalité.

Pour en savoir plus :

Torres-Collado L, García-de la Hera M, Navarrete-Muñoz EM et al. Coffee drinking and associated factors in an elderly population in Spain. Int J Environ Res Public Health 2018 ; 15(8).

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Foie et rein

Du café contre les calculs rénaux

Les calculs rénaux sont un problème de santé publique caractérisé par un taux de récurrence élevé après leur retrait. Une revue récente a analysé les données disponibles sur une potentielle association entre la consommation de caféine provenant du café, du thé, des boissons gazeuses et énergisantes et la réduction de risque de développer des calculs rénaux. Le risque de calculs rénaux peut être réduit par la consommation de certains liquides. Bien que le café contienne de l’oxalate, à l’origine des calculs rénaux les plus fréquents, trois études de cohorte ont fait état d’une association entre la consommation de caféine et une diminution du risque de calculs rénaux. De plus une récente étude in vitro sur des tubules rénaux a montré que la caféine réduisait le risque de calculs rénaux composés d’oxalate de calcium. Toutefois, comme le café décaféiné a le même potentiel de réduction du risque de calculs rénaux que le café normal, il est clair que d’autres constituants du café (comme la trigonelline) pourraient également exercer des effets préventifs dans la réduction du risque de développer des calculs rénaux.

Pour en savoir plus :

Peerapen P, Thongboonkerd V. Caffeine in kidney stones disease: risk or benefit? Adv Nutr 2018 ; 9 : 419-424.

La littérature récente est riche en études sur la relation entre la consommation de café et la santé rénale. Ainsi 3 études récentes ont abordé le lien entre café et développement de calculs rénaux, le risque de développer une maladie rénale simple ainsi qu’une maladie rénale au stade final. Dans les trois cas, la consommation de café s’avère exercer un effet préventif.

http://www.science-et-cafe.fr/2018/09/05/moins-de-maladies-renales-chez-les-buveurs-de-cafe/

http://www.science-et-cafe.fr/2018/09/05/maladie-renale-au-stade-final/

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Foie et rein

Moins de maladies rénales chez les buveurs de café

Une très récente étude s’est penchée sur l’association entre la consommation de café et le risque de maladie rénale dans la population générale, lien inconnu à ce jour. Les auteurs ont analysé 8 717 sujets d’un âge moyen de 52,0 (8,8) ans dont 47,8 % étaient des hommes qui avaient une fonction rénale normale, et étaient recrutés dans la cohorte sud-coréenne KoGES.
Sur la base d’un questionnaire alimentaire, cinq catégories de consommation de café ont été définies :

  • 0/semaine,
  • <1 tasse/semaine,
  • 1-6 tasses/semaine,
  • 1 tasse/jour,
  • et ≥2 tasses/jour.

La maladie rénale a été définie sur la base du taux estimé de filtration glomérulaire (eGFR) <60 ml/min/1,73 m2. Dans cette cohorte, 52,8 % des sujets étaient des consommateurs quotidiens de café. Au cours d’un suivi moyen de 11,3 (5,9-11,5) ans, 9,5 % des participants ont développé une maladie rénale chronique qui est apparue significativement moins fréquemment chez les consommateurs de café au quotidien. La consommation quotidienne d’une tasse de café (Hazard ratio [HR] = 0,76 ; intervalle de confiance [IC] 95 % = 0,63-0,92) et de ≥2 tasses/jour (HR = 0,80 ; IC 95 % = 0,65-0,98) était associée à un risque plus réduit de développer une maladie rénale chronique que la non-consommation de café. Ces données positives nécessitent toutefois d’être confirmées dans d’autres ethnies.

Pour en savoir plus :

Jhee JH, Nam KH, An SY et al. Effects of coffee intake on incident chronic kidney disease: Community-based prospective cohort study. Am J Med 2018 Jun 12. doi: 10.1016/j.amjmed.2018.05.021

La littérature récente est riche en études sur la relation entre la consommation de café et la santé rénale. Ainsi 3 études récentes ont abordé le lien entre café et développement de calculs rénaux, le risque de développer une maladie rénale simple ainsi qu’une maladie rénale au stade final. Dans les trois cas, la consommation de café s’avère exercer un effet préventif.

http://www.science-et-cafe.fr/2018/09/05/maladie-renale-au-stade-final/

http://www.science-et-cafe.fr/2018/09/05/du-cafe-contre-les-calculs-renaux/

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Foie et rein

Maladie rénale au stade final

Des études épidémiologiques suggèrent que la consommation de café pourrait être associée à une meilleure fonction rénale. Une étude prospective récente, la première dans le domaine, vient de s’intéresser à la relation entre la consommation de café, thé, soda et la consommation totale de caféine et le risque de développer une maladie rénale au stade final (MRSF). L’étude a été réalisée sur une cohorte prospective de la Singapore Chinese Health Study composée de 63 257 hommes et femmes âgés de 45-74 ans lors du recrutement entre 1993 et 1998. Après un suivi moyen de 16,8 ans, 1 143 sujets de la cohorte ont développé une MRSF. Comparés aux faibles consommateurs (moins d’une tasse/jour), le Hazard Ratio (HR) et l’intervalle de confiance (IC 95 %) étaient de 0,91 (0,79-1-05) pour les consommateurs d’une tasse de café/jour et 0,82 (0,71-0,96) pour les consommateurs d’au moins 2 tasses/jour. La stratification par sexe montre que cette association est observée uniquement chez les hommes et non chez les femmes. Le HR (IC 95 %) pour la consommation de ≥2 tasses/jour était de 0,71 (0,57-0,87) chez les hommes et 0,97 (0,78-1,19) chez les femmes.

Au contraire, la consommation de thé, soda et de caféine totale n’était pas associée à une diminution du risque de MRSF. Ainsi la consommation d’au moins 2 tasses de café par jour pourrait réduire le risque de MRSF dans la population générale, du moins chez les hommes. Il reste à définir la nature des constituants du café impliqués dans cet effet protecteur puisque la caféine ne semble pas jouer un rôle spécifique et de contrôler si cet effet protecteur est retrouvé dans d’autres ethnies.

Pour en savoir plus :

Lew QJ, Jafar TH, Jin A et al. Consumption of coffee but not of other caffeine-containing beverages reduces the risk of end-stage renal disease in the Singapore Chinese Health Study. J Nutr 2018 ; 148 : 1315-22.

La littérature récente est riche en études sur la relation entre la consommation de café et la santé rénale. Ainsi 3 études récentes ont abordé le lien entre café et développement de calculs rénaux, le risque de développer une maladie rénale simple ainsi qu’une maladie rénale au stade final. Dans les trois cas, la consommation de café s’avère exercer un effet préventif.

http://www.science-et-cafe.fr/2018/09/05/du-cafe-contre-les-calculs-renaux/

http://www.science-et-cafe.fr/2018/09/05/moins-de-maladies-renales-chez-les-buveurs-de-cafe/