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Rapport EFSA : une analyse des apports en caféine, toutes sources confondues

A la demande de certains Etats membres, l’EFSA (European Food Safety Authority) a publié fin mai un rapport scientifique sur la caféine.
Il s’agit de la 1re analyse européenne prenant en compte toutes les sources alimentaires de caféine (et les doses cumulées) ; en particulier les boissons énergisantes (ces dernières ont récemment soulevé des interrogations en terme de santé dans différents Etats membres, dont la France).
Dans son communiqué, l’EFSA conclut que « des apports aigus ponctuels et une consommation régulière ne présentent pas de problème de sécurité pour la population générale en bonne santé », ceci pour des doses ne dépassant pas 200 mg pour une prise unique et 400 mg sur la journée.

La caféine est retrouvée dans diverses plantes comme les graines de café et de cacao, les feuilles de thé, les baies de guarana et les noix de kola. On la retrouve aussi dans de nombreux produits finis : gâteaux, crèmes, entremets et glaces, chocolats, sodas de type cola. La caféine entre également dans la composition des boissons énergisantes. Elle est présente dans certains médicaments et préparations amaigrissantes ou antalgiques.
Seuls les apports alimentaires ont été étudiés par l’EFSA.

Les objectifs de l’étude menée par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments était d’évaluer les effets de la caféine toutes sources confondues (essentiellement café, thé, chocolat, colas, boissons énergisantes) dans la population générale et dans certaines situations à risque (femmes enceintes ou allaitantes, enfants et adolescents, exercices physiques intenses), pour des consommations ponctuelles ou régulières.

L’étude s’est également focalisée sur les effets cardiovasculaires et neurologiques. L’EFSA précise qu’aucun autre domaine ne justifiait une analyse, et souligne que l’objectif de l’étude n’était pas d’évaluer les effets bénéfiques de la caféine sur la santé.

Les conclusions du rapport ont été établies sur la base d’études menées chez l’Homme, interventionnelles et observationnelles, incluant des contrôles appropriés pour les facteurs de confusion, et menées sur des sujets en bonne santé à l’entrée dans l’étude. Dans la mesure du possible, les études interventionnelles et les études prospectives ont été préférées. Les revues et méta-analyses systématiques ont été utilisées dans la mesure du possible pour synthétiser les données scientifiques existantes.

Quels sont les résultats ?

Chez les adultes en bonne santé

• L’EFSA a conclu qu’une prise unique de caféine allant jusqu’à 200 mg (3 mg/kg de poids corporel) provenant de toutes sources ne présente pas de risque pour la population adulte générale.

• De même, pour une consommation quotidienne de caféine jusqu’à 400 mg par jour (environ 5,7 mg/kg de poids corporel), toutes sources confondues.
En France, cette dose est dépassée par seulement 5,8 % de la population adulte.

Pour mémoire :
– Une tasse de café filtre de 100 ml contient en moyenne 70 mg de caféine ; un mug de 150 ml, 100 mg de caféine (format préférentiel des Anglo-Saxons et des pays nordiques, souvent pris comme référence dans les études) ;
– Un expresso de 30 ml, environ 60 mg de caféine.
Sachant que les Robusta sont plus dosés en caféine que les Arabica.
(source : www.coffeeandhealth.org – 2015)

En cas d’exercice physique intense

• Une prise unique de caféine allant jusqu’à 200 mg ne présente pas de risque lorsqu’elle est consommée jusqu’à 2 h avant un exercice intense.
Elle n’a pas d’impact sur l’hydratation et la température corporelle.

Chez les femmes enceintes ou allaitantes

• Une consommation quotidienne de caféine jusqu’à 200 mg par jour, toutes sources confondues, ne présente pas de risque pour la santé et le développement du fœtus.
• Chez la femme allaitante, une dose unique ≤ 200 mg ou quotidienne ≤ 400 mg ne présente pas de problème de santé ou de développement pour le nourrisson.

Chez les enfants et adolescents

• En raison de l’information limitée pour ce sous-groupe de population, les valeurs de consommation jugées sans risque pour la santé sont dérivées des valeurs obtenues chez l’adulte, c’est-à-dire 3 mg/kg de poids corporel et par jour.
• Mais environ 8 % des adolescents (de 10 à < 18 ans) consommeraient plus de 200 mg de caféine en une seule prise, via les boissons énergisantes et en association avec une activité physique.

A noter :
Le rapport Anses 2013 avait rapporté des cas de troubles cardiaques avec des boissons énergisantes associées à la consommation d’alcools forts et un exercice physique intense dans une atmosphère surchauffée (boîte de nuit).

Au niveau cardiovasculaire

Il existe une très vaste littérature sur caféine et système cardiovasculaire, avec parfois des résultats disparates.
La caféine augmente de façon transitoire la pression artérielle, cet effet disparaissant environ 2 h après la prise.
Mais, après analyse de la littérature, l’EFSA conclut qu’aux doses précédemment recommandées, la caféine n’entraîne pas de risque d’HTA, de maladies cardiovasculaires, dont les AVC.

Pour le café et le thé, l’EFSA rappelle l’hypothèse d’un effet compensateur des composés autres que la caféine, expliquant cette absence d’impact cardiovasculaire négatif.

Sur le plan neurologique

Ont été étudiés les effets sur le sommeil, l’anxiété et les troubles du comportement.

• Une dose unique de 100 mg de caféine est susceptible d’augmenter la latence de sommeil et de réduire la durée et la qualité du sommeil ; ceci chez certains individus, en particulier lorsque la caféine est consommée au moment du coucher.
Cela est également vrai chez certains enfants et adolescents à la dose de 1,5 mg/kg de poids corporel.

A noter :
Les personnes sensibles à ces effets de la caféine ont tendance à réguler d’eux-mêmes leur consommation de caféine.

• Aux doses recommandées, la caféine n’induit pas d’anxiété ou de troubles du comportement, y compris chez l’enfant.

De possibles interactions ?

La caféine ne semble pas interagir avec les autres composés des boissons énergisantes (taurine et glucuronolactone). Mais des études complémentaires doivent être réalisées pour la synéphrine (dérivé proche des amphétamines, présent dans certains compléments alimentaires « minceur »).

Conclusions

• Le rapport EFSA conclut à l’absence de risque de la caféine pour une consommation modérée (200 mg en une prise ou 400 mg par jour) pour la population générale en bonne santé. Ces doses sont en accord avec des rapports plus anciens provenant de divers pays européens.
Il s’avère que peu de personnes dépassent ces limites.

• Le comité d’experts de l’EFSA attire cependant l’attention sur le cumul des doses, et sur une sensiblité individuelle à la caféine.

A noter :
Il existe des variations métaboliques entre individus, liées à des caractères génétiques définissant des « métaboliseurs lents » (éliminant plus lentement la caféine et donc plus sensibles à ses effets), et des « métaboliseurs rapides » de la caféine.
En pratique, les personnes adaptent généralement leur consommation selon cette sensibilité à la caféine.

Référence
European Food Safety Authority (EFSA). EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA). Scientific Opinion on the safety of caffeine. EFSA Journal 2015 ;13 (5) : 4102.

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