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Foie et rein

La caféine et les autres constituants du café réduisent le risque de développer les calculs rénaux

Trois équipes italiennes et américaines ont réalisé une analyse prospective de l’association entre la consommation de café/caféine et l’incidence de calculs rénaux dans 3 grandes études de cohorte américaines en cours : the Health Professionals Follow-Up Study (HPFS) and the Nurses’ Health Studies (NHS) I and II. L’information sur la consommation de caféine et l’incidence des calculs rénaux a été obtenue grâce à des questionnaires validés.
L’analyse a inclus 217 883 participants qui ont été suivis en moyenne 10 mois. 4 982 cas incidents de calculs rénaux ont été notés. Après ajustement en particulier pour l’âge, l’indice de masse corporelle et la prise de liquide, il apparaît que les participants consommant plus de 580 mg de caféine par jour (soit au moins 6 grandes tasses de café) avaient un risque réduit de 26-31 % de développer des calculs rénaux dans les 3 cohortes étudiées (P = 0,001 pour les 3 cohortes).
La diminution du risque de développer des calculs rénaux est liée à la prise de caféine, mais peut-être aussi à d’autres constituants du café, car dans l’une des cohortes, le risque réduit persiste avec le café décaféiné.

Pour en savoir plus :

Ferraro PM, Taylor EN, Gambaro G et al. Caffeine intake and the risk of kidney stones. Am J Clin Nutr 2014 ; 100 : 1596-603.

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Cœur

Le café protègerait contre la fibrillation atriale

La fibrillation atriale (FA) est une arythmie cardiaque qui touche entre 1 et 2 % de la population et qui peut être responsable d’accidents thrombo-emboliques, d’AVC. Certaines études ont mis en évidence que la consommation de faibles doses de caféine pourrait avoir un effet protecteur contre la FA. Une équipe chinoise a réalisé une méta-analyse des études portant sur ce sujet.

Les chercheurs ont sélectionné 6 études de cohortes prospectives, portant sur 228 465 personnes au total, suivies entre 4 et 25 ans. Parmi elles, 4 261 ont développé une FA.
Une première analyse générale a montré que la caféine offrait une légère protection contre le risque de FA de 10 % (p = 0,07).
L’analyse de sous-groupes révèle que les consommateurs de doses de caféine inférieures à 500 mg/jour) ont un risque de FA réduit de 6 % (p = 0,02) et que ceux qui ont une forte consommation (> 500 mg/j) ont un risque réduit de 12 % (p = 0,13).
Dans les études ayant ajusté leurs résultats pour les facteurs de confusion (tabagisme, alcoolisme, obésité…), l’incidence de la FA est réduite de 11 % pour une consommation habituelle de caféine (p = 0,032) et de 16 % pour une consommation élevée (p = 0,002).
De plus, les chercheurs ont trouvé que l’incidence de la FA décroissait de 6 % pour chaque prise de 300 mg supplémentaires de caféine (soit 6 expressos ou 2 cafés filtre).

Les auteurs concluent qu’il est probable que la consommation de caféine ne provoque ni n’aggrave le risque de fibrillation atriale, mais qu’elle serait au contraire bénéfique. L’effet antithrombotique de la caféine, déjà observé dans le foie, pourrait être à l’origine de la protection contre la FA, celle-ci étant souvent liée à une fibrose cardiaque.

Pour en savoir plus :

Cheng M, Hu Z, Lu X et al. Caffeine intake and atrial fibrillation incidence: dose response meta-analysis of prospective cohort studies. Can J Cardiol 2014 ; 30 : 448-54.

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Bien-Être Cerveau

Boire du café pourrait réduire le risque de dépression

Plusieurs études ont montré une diminution du risque de dépression chez les buveurs de café. La Corée du Sud étant le 11e pays le plus consommateur de café, une équipe de chercheurs a étudié la prévalence de la dépression en fonction de la quantité de café bue parmi un échantillon de 10 177 Coréens, âgés de 20 à 97 ans, issu de la cohorte Korean National Health and Nutrition Survey.

Leurs habitudes de consommation ont été recueillies grâce à des questionnaires. Ont également été consignés leurs antécédents de dépression, qu’ils aient ou non été diagnostiqués par un médecin, ainsi que le fait d’avoir eu des pensées suicidaires dans l’année écoulée. Parmi cet échantillon, 1 599 personnes ont déjà eu une dépression et 425 ont été diagnostiquées comme dépressives par leur médecin.

Les résultats des chercheurs montrent que les odds ratio (OR) diminuent avec la consommation de café. L’OR est de :
• 1 pour le groupe qui boit moins d’une tasse par semaine ;
• 0,84 (IC 95 % : 0,66-1,07) pour une à 6 tasses par semaine ;
• 0,63 (IC 95 % : 0,51-0,79) pour 1 tasse par jour ;
• 0,69 (IC 95 % : 0,54-0,88) pour 2 tasses par jour ;
• 0,58 (IC 95 % : 0,44-0,76) pour plus de 3 tasses par jour.
Ces résultats sont identiques pour les hommes et les femmes.
En revanche, aucun lien n’a été mis en évidence entre les pensées suicidaires et la consommation de café. L’équipe de chercheurs n’a pas non plus retrouvé de relation entre la consommation d’autres boissons caféinées (thé, sodas…) et la dépression.

La prévalence de la dépression décroît donc de façon dose-dépendante avec l’augmentation de la consommation de café. Le mécanisme du possible effet protecteur du café sur la dépression n’est pas encore déterminé. Les acides chlorogéniques du café, aux propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, pourraient jouer un rôle dans ce phénomène, qui est marqué par une inflammation et un stress oxydatif. Des études randomisées sont nécessaires pour éclaircir la relation entre café et dépression.

Pour en savoir plus :

Park RJ, Moon JD. Coffee and depression in Korea: the fifth Korean National Health and Nutrition Examination Survey. Eur J Clin Nutr 2014 Dec 3. [Epub ahead of print]

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Cancer

Les buveurs de café auraient un risque réduit de mélanome

Il y a peu d’informations sur les effets potentiels de la consommation de café sur le développement du mélanome alors qu’on a montré son rôle préventif dans d’autres types de cancers. Deux études prospectives viennent de paraître sur le sujet.

La première étude prospective (1) a été réalisée sur la National Institutes of Health–AARP prospective cohort. Sur 447 357 sujets caucasiens sans cancer à l’entrée dans l’étude, 2 904 cas incidents de mélanome malin ont été identifiés après un suivi médian de 10,5 ans.
Dans cette étude, la consommation d’au moins 4 tasses de café/jour a réduit le risque d’apparition d’un mélanome malin de 20 % (Hazard ratio HR = 0,80, Intervalle de confiance (IC) 95 % = 0,68-0,93, P = 0,01). Cette association était statistiquement significative pour le café caféiné (HR = 0,75, IC 95 % = 0,64-0,89, P = 0,01), mais pas pour le café décaféiné (P = 0,55).
En conclusion, la consommation relativement élevée de café est associée à une diminution modeste du risque de mélanome dans cette grande étude de cohorte.

Dans une deuxième étude prospective (2), le lien entre le risque de développer un mélanome et la consommation de café et de thé a été évalué dans la Women’s Health Initiative – Observational Study cohort de 66 484 femmes ménopausées suivies en moyenne 7,7 ans (2). Un total de 398 femmes ont développé un mélanome.
L’association entre le risque de développer un mélanome et la dose de café (P = 0,38) ou de thé ingérés (P = 0,22) n’était pas significative dans cette étude. Chez les femmes qui buvaient quotidiennement du café au moment de l’inclusion et 3 ans plus tard, le risque de développer un mélanome était réduit de 32 % par rapport aux femmes qui n’en consommaient pas au quotidien (HR = 0,68, IC 95% 0,48–0,97). Ce n’était pas le cas avec le thé.
En conclusion de cette étude, le risque de mélanome apparaît réduit chez les consommateurs réguliers de café.

Ces deux études font donc état d’une tendance à la réduction du risque de développer un mélanome chez les consommatrices quotidiennes de café (2), surtout aux doses les plus élevées dans une cohorte incluant les deux sexes (1).

Pour en savoir plus :

1. Loftfield E Freedman ND, Graubard B et al. Coffee drinking and cutaneous melanoma risk in the NIH-AARP diet and health study. J Natl Cancer Inst 2015 ; 107(2).
2. Wu H, Reeves KW, Qian J et al. Coffee, tea, and melanoma risk among postmenopausal women. Eur J Cancer Prev 2014 Oct 16. [Epub ahead of print].

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Santé générale

La caféine : un antidouleur chez 5 à 10 % de la population

Le travail publié dans cette revue Cochrane actualise les données sur les effets antidouleur adjuvants potentiels de la caféine associée à des analgésiques courants comme le paracétamol, l’ibuprofène et l’aspirine.

Les auteurs se sont basés sur 20 études randomisées, en double aveugle, regroupant 7 238 participants dont 4 262 ont été retenus pour l’analyse finale. L’effet antidouleur d’une dose unique d’analgésique associée à la caféine était comparé à une dose unique d’analgésique seul. Étaient considérés le nombre de participants obtenant au moins 50 % de la réduction maximale de douleur possible sur 4-6 heures, le nombre de participants évaluant le traitement global comme très bon ou excellent ou la disparition des céphalées au bout de deux heures.
La plupart des études incluses dans la revue ont utilisé du paracétamol ou de l’ibuprofène, associé à 100-130 mg de caféine, et les douleurs les plus couramment considérées étaient les douleurs dentaires post-opératoires, les douleurs post-partum et les céphalées. En moyenne, les auteurs ont observé un bénéfice statistiquement significatif des doses de caféine de 100-130 mg (l’équivalent d’une grande tasse de café), mais il ne dépendait pas du type de douleur ou d’analgésique. Les doses inférieures ou égales à 65 mg (une demi-tasse de café) ne sont pas efficaces. Environ 5-10 % des participants obtenaient une meilleure réponse à la douleur en présence de caféine.
Les auteurs de l’étude concluent que le contenu de caféine d’une tasse de café standard (100-130 mg) consommé en même temps qu’un analgésique courant comme le paracétamol ou l’ibuprofène procure un bénéfice antidouleur additionnel chez 5 à 10 % des patients, leur permettant d’atteindre un bon niveau de réduction de la douleur.

Pour en savoir plus :

Derry CJ, Derry S, Moore RA. Caffeine as an analgesic adjuvant for acute pain in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2014 ; 12 : CD009281.