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Cerveau

La consommation régulière de café pourrait être associée à une réduction du risque cardiovasculaire

L’association entre la consommation de café et le risque de maladie cardiovasculaire (MCV) reste très controversée. Une méta-analyse vient d’être réalisée par le groupe des Prs Hu et Van Dam à l’Université de Harvard à Boston pour clarifier la relation dose-réponse entre la consommation de café sur le long terme et le risque de MCV.

Les auteurs ont recherché dans les bases de données les études prospectives de cohorte sur la relation entre la consommation de café et le risque de MCV, incluant la maladie coronaire, l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’arrêt cardiaque et la mortalité liée aux MCV. Ils ont retenu 36 études incluant un total de 1 279 804 participants et 36 352 cas de MCV.

Ils ont observé une relation non linéaire, en forme de U entre la consommation de café et le risque de MCV. Comparé à une non-consommation de café, le risque relatif de MCV était de 0,95 (Intervalle de confiance (IC) 95 % : 0,87-1,03) pour la catégorie de consommation la plus élevée (5 tasses/jour), 0,85 (IC 95 % : 0,80-0,90) pour une consommation moyenne (3,5 tasses/jour) et 0,89 (IC 95 % : 0,84-0,94) pour la consommation la plus basse (1,5 tasses/jour).

L’étude séparée des diverses pathologies a montré que la consommation de café était inversement associée de manière non linéaire au risque de maladie coronaire et d’AVC.
Cette très large étude portant sur des individus de diverses ethnies a donc permis de montrer une association nonlinéaire, en forme de U entre la consommation de café et le risque de MCV. Une consommation modérée de café, 3-5 tasses/jour est significativement et inversement associée au plus faible risque de MCV et même une consommation élevée de café (plus de 6 tasses/jour) n’augmente pas le risque de développer une MCV.

Pour en savoir plus :

Ding M, Bhupathiraju SN, Satija A, et al. Long-term coffee consumption and risk of cardiovascular disease: a systematic review and a dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. Circulation 2013 Nov 7. [Epub ahead of print]

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Énergie Santé générale

La caféine aiderait à récupérer d’une anesthésie générale

Aujourd’hui, il n’existe pas de molécule aidant à se réveiller plus vite d’une anesthésie générale. Des tests sont en cours pour différentes molécules. Dans cette étude, des chercheurs de l’université de Chicago en ont testé trois : la forskoline, la théophylline et la caféine. Toutes trois ont pour effet d’augmenter le taux intracellulaire d’AMPc qui influe sur la libération des neurotransmetteurs, fonction inhibée par les anesthésiants.

L’équipe de chercheurs a d’abord étudié l’effet des trois molécules in vitro après application d’un anesthésiant, l’isoflurane. Ils ont observé que le blocage de la libération des neurotransmetteurs a été inversé aussi bien par la forskoline que la théophylline et la caféine.
Ils ont ensuite réalisé deux séries d’anesthésie générale chez des rats, utilisant l’isoflurane ou le propofol. Une fois endormis, les rats ont reçu du sérum physiologique seul ou associé à l’une des trois molécules testées. Puis, le temps que mettaient les rats à se réveiller, c’est-à-dire à se tenir sur leurs quatre pattes a été évalué.
Les résultats montrent que, dans les deux types d’anesthésies, les rats ont récupéré significativement plus vite que les contrôles lorsqu’ils ont reçu l’une des trois moléculestestées. C’est la caféine qui a provoqué le rétablissement le plus rapide chez les rats : récupération raccourcie de 60 % après l’anesthésie à l’isoflurane (191 vs 477 s chez les contrôles), et de 39 % lors de l’anesthésie au propofol (359 vs 587 s). Aucun changement n’a été observé entre les rats contrôles et les rats traités au niveau de la fréquence respiratoire, la saturation en O2, la fréquence cardiaque ou la pression artérielle.

Si ces résultats peuvent être reproduits chez l’Homme, la caféine pourrait être une solution peu couteuse et sans effets secondaires pour accélérer le temps de réveil après une anesthésie générale

Pour en savoir plus :

Wang Q, Fong R, Mason P et al. Caffeineacceleratesrecoveryfromgeneralanesthesia. J Neurophysiol 2013 Dec 26 ; Epub ahead of print.

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Antioxydants

Les antioxydants, dont ceux du café, aident à prévenir la cataracte

La cataracte due au vieillissement a une forte prévalence dans le monde, et un coût élevé pour la santé publique. L’un des mécanismes en jeu dans sa survenue semble être le stress oxydatif qui entraîne la dégradation des protéines et des lipides du cristallin. L’effet sur la survenue de la cataracte de certains antioxydants pris individuellement (vitamine C, E…) a été étudié, mais n’a pas montré de protection significative. Les auteurs de cette étude ont choisi une approche plus large, en corrélant la capacité antioxydante totale (CAT) issue de l’alimentation et l’apparition de la cataracte. La CATprend en compte une variété plus large d’antioxydants ainsi que les synergies qui peuvent exister entre eux.

Les chercheurs se sont appuyés sur une cohorte suédoise, la Swedish Mammography Cohort (SMC), qui a suivi des femmes âgées ou d’âge moyen pendant une période de 7,7 ans en moyenne. Elles ont répondu à un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires, leur style de vie (tabagisme, activité physique, etc.) et leur santé. Les auteurs ont pu inclure 30 607 d’entre elles dans leur étude. Les antioxydants consommés par ces femmes proviennent en majorité des fruits et légumes (44,3 %), des céréales complètes (17 %) et du café (15,1 %).
Les chercheurs les ont réparties en 5 sous-groupes suivant leur CATet ont recensé 4 309 cas de cataracte liée à l’âge.

Les femmes du groupe ayant la CATla plus élevée ont un risque de développer une cataracte réduit de 12,8 % par rapport aux femmes du groupe ayant laCAT la plus faible. La relation inverse entre la CATet la cataracte était encore plus marquée en prenant en considération l’âge (supérieur ou inférieur à 65 ans) et la prise de corticostéroïdes. En revanche, la relation n’était pas influencée par le tabagisme et le tour de taille. Il reste à mieux cerner le mécanisme protecteur des antioxydants sur l’apparition de la cataracte.

Pour en savoir plus :

Rautiainen S, Lindblad BE, Morgenstern R et al.Total antioxidantcapacity of the diet and risk of age-related cataract: A population-based prospective cohort of women. JAMA Ophthalmol 2013 Dec 26 ; Epub ahead of print.

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Idées Reçues Podcasts

La consommation de café ne modifie pas les paramètres hydriques

Écoutez le podcast :

Il est souvent suggéré que le café induirait une déshydratation et qu’il faut du coup limiter sa consommation. Une étude récente a été menée sur 50 hommes buvant 3 à 6 tasses de café par jour. Pour l’étude, les participants ont absorbé 4 fois 200 ml de café dans la journée ou un volume identique d’eau. La consommation de café n’a induit aucune modification de l’eau corporelle totale, de la masse corporelle totale ni d’aucun marqueur hématologique ou urinaire. Ces données suggèrent donc que le café bu avec modération chez des consommateurs réguliers a les mêmes qualités d’hydratation que l’eau.

Pour en savoir plus :

Killer SC, Blannin AK, Jeukendrup AE. No evidence of dehydration with moderate daily coffee intake: a counterbalanced cross-over study in a free-living population. PLoS One 2014 ; 9 : e84154.

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Cœur Idées Reçues

Vrai ou Faux : Le café augmente le risque d’hypertension artérielle

FAUX ! La réponse en vidéo.

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On considère souvent que la consommation de café augmente la tension artérielle. Il est vrai que la consommation de caféine seule, par exemple dans des sodas, a un effet hypertenseur.

Une méta-analyse de 16 études montre que la consommation de caféine augmente la tension artérielle systolique de 4 mm de mercure. Par contre, la consommation de café n’augmente la tension artérielle systolique que de 1 mm de mercure.

Cette différence tient au fait que d’autres composés du café compenseraient l’augmentation de tension artérielle engendrée par la caféine. Ces composés ont été identifiés comme étant les acides chlorogéniques qui ont la propriété de diminuer la TA, systolique comme diastolique, en améliorant la fonction endothéliale.

Ainsi, s’il est vrai que la caféine seule a un effet hypertenseur, cet effet est compensé par d’autres constituants du café qui lui n’a pas d’effet délétère sur notre tension artérielle. Il est donc faux de considérer que la consommation café augmente le risque d’hypertension artérielle.

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Antioxydants Squelette Système digestif

Le café protégerait contre les maladies du parodonte de l’homme adulte

Les antioxydants et les anti-inflammatoires ont des effets protecteurs contre la maladie parodontale. Or, la première source alimentaire d’antioxydants est le café. De plus, la caféine qu’il contient est également connue pour avoir des effets immunomodulateurs. Une équipe de chercheurs de l’université de Boston s’est donc intéressée aux effets du café sur la maladie parodontale.

Pour cela, ils ont étudié les données issues d’une cohorte prospective de 1 152 hommes adultes ayant bénéficié de 9 bilans dentaires sur une période de 30 ans et qui ont rempli deux questionnaires évaluant — entre autres — leur consommation de café.
Lors des bilans dentaires, le statut parodontal de chaque dent était mesuré grâce à la mesure radiographique de la perte de l’os alvéolaire, le sondage de la poche parodontale et le saignement lors du sondage. Ils ont considéré qu’il y avait une maladie parodontale moyenne à sévère lorsque la perte de l’os alvéolaire était supérieure à 40 % et que la profondeur de la poche parodontale était supérieure à 4 mm.

Lorsque les chercheurs ont mis en relation ces résultats et les quantités de café consommées, et après les avoir ajustés en fonction de divers cofacteurs (tabagisme, consommation d’alcool, nombre de brossages de dents quotidiens, etc.), ils ont trouvé que les hommes qui buvaient plus d’une tasse de café par jour avaient significativement moins de dents ayant une perte d’os alvéolaire supérieure à 40 %. En revanche, la consommation de café ne semble pas influer sur le nombre de dents ayant une poche parodontale supérieure à 4 mm ni sur le nombre de dents ayant saigné pendant l’examen. Par ailleurs, ces résultats sont identiques lorsqu’on prend en compte la seule consommation de caféine.

Ainsi, ces chercheurs n’ont observé aucun effet néfaste de la consommation de café sur le parodonte, mais au contraire un effet protecteur contre la perte de l’os alvéolaire. D’autres études devraient être faites pour approfondir ces résultats, notamment sur d’autres populations (des femmes et des personnes issues d’autres ethnies).

Pour en savoir plus :

NG N, Krall Kaye E, Garcia R. Coffee consumption and periodontaldisease in men. J Periodontol 2013 Dec 22 ; Epub ahead of print.

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Cerveau

La caféine favoriserait la consolidation de la mémoire à long terme

Les effets positifs de la caféine sur la cognition sont bien documentés. Par contre ses effets sur la mémoire à long terme ont été peu explorés et les quelques données obtenues montraient plutôt peu ou pas d’effet sur la rétention mnésique et la mémoire à long terme.

Une étude en double aveugle a été menée récemment par le groupe de Michael Yassa de l’Université Johns Hopkins à Baltimore sur 73 volontaires ne consommant ni aliments ni boisson contenant de la caféine. Ces volontaires ont reçu des comprimés contenant 200 mg de caféine ou un placebo 5 minutes après l’étude d’une série d’images. Le lendemain, la capacité des deux groupes à reconnaître les images de la veille a été testée. Certaines images étaient identiques à celles de la veille, certaines étaient nouvelles et d’autres étaient similaires mais pas identiques.

Les auteurs ont observé que les individus des deux groupes ont différencié au même degré les images nouvelles des anciennes. Par contre, plus de participants du groupe caféine ont pu distinguer les différences sur les nouvelles images “similaires“. Seule l’utilisation de ces images similaires a permis de mettre en évidence les effets de la caféine. Cette fonction appelée “séparation de modèle“ requiert une tâche cérébrale plus ardue nécessitant un niveau plus élevé de rétention mnésique. Dans ce test, les auteurs trouvé un effet moindre de doses de 100 et 300 mg de caféine montrant ainsi que la caféine améliore la performance mnésique selon une courbe en forme de U inversé. L’effet est spécifique de la consolidation mais pas de la restitution mnésique.

Ainsi ce travail montre pour que la caféine favorise la consolidation des mémoires à long terme chez les humains. Le mécanisme sous-jacent n’est pas élucidé.

Pour en savoir plus :

Borota D, Murray E, Keceli G, et al. Post-study caffeine administration enhances memory consolidation in humans. Nat Neurosci 2014 ; 17 : 201-3.