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Idées Reçues

Le café induit une déshydratation. Vrai ou faux ?

FAUX ! La réponse en vidéo.

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La caféine est un léger diurétique qui, par son effet vasodilatateur rénal augmente la fréquence de l’urination, mais pas son volume.

Des études récentes ont montré que la consommation de café à dose modérée (3-4 tasses/jour) n’induisait pas de déshydratation sur le nycthémère.

La consommation aiguë d’une dose élevée de caféine, l’équivalent de 2 à 3 tasses de café en une prise, induit une stimulation à court terme de l’élimination d’urine, mais seulement chez des individus privés de caféine pendant plusieurs jours ou semaines.

Une tolérance aux effets diurétiques de la caféine se développe rapidement chez les consommateurs habituels de thé ou de café. Il est donc faux que le café induit une déshydratation.

Astrid Nehlig (directrice de recherche, Insem U663, Hôpital Necker, Paris)

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Cancer Sexualité

Consommer du café : un effet favorable potentiel dans le cancer de la prostate

De nombreuses études ont déjà été publiées sur les effets potentiels du café et de ses composants dans le cancer de prostate. Plusieurs articles récents confirment cet effet favorable, et ceci à différents stades du cancer de la prostate.

• Ainsi, une étude sur une vaste cohorte japonaise de 18853 hommes âgés de 40 à 79 ans (1), suivis pendant une durée de 11 ans, a mis en évidence 318 cas de cancer. Les auteurs ont observé une relation inverse entre la consommation de café et l’incidence du cancer de la prostate, tous types confondus. Comparés aux non-consommateurs, le hazard ratio ajusté était de 0,81 (intervalle de confiance [IC] 95% : 0,61-1,07) pour les consommateurs occasionnels, 0,73 (IC 95% : 0,53-1,00) pour les consommateurs de 1 à 2 tasses par jour, et 0,63 (IC 95% : 0,39-1,00) pour les consommateurs d’au moins 3 tasses de café par jour.

• Cette relation inverse est retrouvée également dans une étude suédoise concernant 1499 cas et 1112 contrôles (2). Dans ce travail, le risque de cancer fatal de la prostate était inversement associé à la consommation de café, avec un odds ratio (OR) de 0,64 (IC 95% : 0,34-1,19) pour une consommation d’au moins 5 tasses de café par jour comparée à moins d’une tasse par jour. De même, le risque de cancer de haut grade était significativement réduit par la consommation de café (Gleason 8-10 ; OR : 0,50 ; IC 95% : 0,26-0,98).

• Par ailleurs, une étude américaine (3) a inclus 630 patients, avec une médiane de suivi de 6,4 ans au cours de laquelle les auteurs ont observé 140 cas de récurrence/progression de cancer. Dans cette étude, le risque de récurrence/progression du cancer de la prostate était réduit de 59% (IC 95% : 0,20-0,81) pour une consommation d’au moins 4 tasses comparée à une tasse ou moins.

• Enfin, une autre étude récente s’est intéressée à un mécanisme potentiel pour cet effet protecteur, celui lié aux antioxydants contenus dans le café. L’étude a porté sur une cohorte de 47896 hommes âgés de 40-75 ans suivis de 1986 à 2008, avec une incidence de cancer de la prostate de 5656 cas. A partir d’un questionnaire alimentaire, les auteurs ont observé que 28% des antioxydants absorbés provenaient du café, 23% des fruits et légumes, et 23% des compléments alimentaires. Les auteurs ont trouvé une relation inverse entre la consommation d’antioxydants et le cancer de la prostate, et celle-ci est principalement due au café (4).
Ainsi la consommation de café réduirait le risque de cancer de la prostate, en particulier dans sa forme létale, ainsi que son risque de récidive. Ces effets pourraient être dus en partie aux antioxydants contenus dans le café.

Pour en savoir plus :
1. Li Q et al. Coffee consumption and the risk of prostate cancer: The Ohsaki Cohort Study. Br J Cancer 2013 ; 108 : 2381-9.
2. Wilson KM et al. Coffee and risk of prostate cancer incidence and mortality in the Cancer of the Prostate in Sweden Study. Cancer Causes Control 2013 ; 24 : 1575-81.
3. Geybels MS et al. Coffee and tea consumption in relation to prostate cancer prognosis. Cancer Causes Control 2013, Aug 2, Epub ahead of print.
4. Russnes KM et al. Total antioxidant intake in relation to prostate cancer incidence in the health professionals follow up study. Int J Cancer 2013, Aug 19, Epub ahead of print.

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Système digestif

Reflux gastro-œsophagien : le café innocenté

Certains aliments semblent avoir un effet aggravant sur le reflux gastro-œsophagien (RGO), mais sans évidence solide, et les études sur le rôle du café montrent des résultats contradictoires. Pour vérifier si cet effet du café est avéré, une équipe coréenne a réalisé une méta-analyse de l’ensemble des études publiées portant sur la relation entre ingestion de café et risque de RGO.

• Ces auteurs coréens, regroupé au sein du Korean Meta-Analysis (KORMA) Study Group, ont colligé toutes les études publiées jusqu’à décembre 2012 (1). Sur 31 publications, les auteurs ont retenu pour leur analyse finale 15 études cas-témoins de bonne méthodologie. Ces études ont inclus entre 113 et 43363 sujets. La plupart ont ajusté leurs résultats sur les facteurs confondants (tabac, alcool…).

Pour l’ensemble de ces études retenues, cette méta-analyse montre qu’il n’y a pas d’association significative entre la consommation de café et le RGO (odds ratio [OR] : 1,06 ; intervalle de confiance [IC] 95% : 0,94–1,19).
Dans les analyses en sous-groupes, le diagnostic se fondant sur les seuls symptômes ne modifiait pas les données (OR : 0,99 ; IC 95% : 0,84-1,16) ; alors que, chez les patients ayant eu un diagnostic endoscopique mettant en évidence une œsophagite avérée, l’odds ratio était un peu plus élevé (OR : 1,17 ; IC 95% : 1,08-1,26), mais seules 4 études ont inclus une évaluation endoscopique.
L’analyse basée sur la quantité de café ingérée montre que le risque de RGO n’est pas augmenté pour une consommation de 4 tasses ou moins de café par jour (OR : 0,91 ; CI 95% : 0,82-1,01), et qu’il existe une légère augmentation pour plus de 5 tasses quotidiennes (OR : 1,14 ; IC 95% : 0,69-1,88).
Les auteurs concluent qu’il n’existe pas de relation significative entre café et risque de RGO. Une analyse prospective serait utile pour confirmer ce résultat.

• Ces données sont confirmées par une autre étude récente sur 8013 adultes en bonne santé, parmi lesquels 5451 buveurs de café. Cette étude n’a retrouvé aucun lien entre la consommation de café et les troubles gastro-œsophagiens les plus fréquemment liés à l’acidité : ulcère gastrique ou duodénal, reflux gastro-œsophagien induisant ou non une œsophagite (2).

Pour en savoir plus :
1. Kim J et al. Association between coffee intake and gastroesophageal reflux disease: a meta-analysis. Dis Esophagus 2013, Jun 24, Epub ahead of print.
2. Shimamoto T et al. No association of coffee consumption with gastric ulcer, duodenal ulcer, reflux esophagitis, and non-erosive reflux disease: a cross-sectional study of 8,013 healthy subjects in Japan. PLoS One 2013 Jun 12 ; 8 (6) : e65996.

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Cancer

Caféine et cancers cutanés : les résultats expérimentaux positifs confirmés chez l’Homme

Des études expérimentales antérieures ont montré que la caféine pouvait « réparer » les dommages cutanés dus à une exposition excessive aux UV. Et des travaux récents (1) sur des kératinocytes humains en culture et chez des souris mutantes viennent de mettre en évidence un possible mécanisme : l’identification d’un site d’action moléculaire de la caféine qui stimule la mort par apoptose des cellules précancéreuses de la peau après exposition aux UV et exerce des effets inhibiteurs sur la carcinogenèse induite par les UV.

Ces données expérimentales viennent également d’être confortées par une étude épidémiologique réalisée en Australie (2), montrant une prévention de la récidive du cancer cutané le moins agressif, le carcinome basocellulaire, chez les forts consommateurs de café.

Dans cette étude (1), les auteurs ont analysé l’association entre la consommation de caféine et de café et l’incidence des carcinomes basocellulaire (CBC) et spinocellulaire (CSC), qui se développent tous les deux aux dépens des kératinocytes de l’épiderme.
La consommation de caféine et de café a été estimée par des questionnaires alimentaires en 1992, 1994, et 1996 chez 1 325 résidents adultes sélectionnés au hasard dans la communauté subtropicale australienne. Toutes les données histologiques confirmant des tumeurs de type CBC et CSC diagnostiquées entre 1997 et 2007 ont été enregistrées. Les données ont été ajustées pour les facteurs de confusion incluant le type de peau et les indicateurs d’exposition au soleil.

Les auteurs n’ont observé aucune association – négative ou positive – entre la prise totale de caféine ou de café « normal » ou décaféiné et l’incidence du CBC ou du CSC.

Pour les personnes qui avaient déjà eu un cancer de la peau, le risque de développer un CBC est réduit de 25 % dans le groupe consommant le plus de caféine, toutes sources confondues (équivalant à au moins 3 tasses de café par jour) comparé au groupe consommant l’équivalent de 0-1 tasse de café/jour (risque relatif multivarié 0,75 ; intervalle de confiance 95 % : 0,57–0,97 ; p pour la tendance = 0,025).
Mais les auteurs n’ont observé aucun effet de la caféine pour le CSC.

Les auteurs concluent que, chez les personnes qui ont déjà eu ce type de cancer de la peau, une consommation relativement élevée de caféine (de toute origine) pourrait avoir un effet favorable pour prévenir le développement d’un nouveau carcinome basocellulaire.

Pour en savoir plus :
(1) Conney AH et al. Mechanisms of caffeine-induced inhibition of UVB carcinogenesis. Front Onco 2013 Jun 17, Epub ahead of print.
(2) Miura K et al. Caffeine intake and risk of basal cell and squamous cell carcinomas of the skin in an 11-year prospective study. Eur J Nutr, 2013 Jul 4, Epub ahead of print

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Squelette

Pas de risque d’ostéoporose avec le café

Des études ont suggéré une possible action du café sur l’absorption du calcium, ce qui a pu faire discuter son rôle sur le risque d’ostéoporose, en particulier chez la femme ménopausée. Les résultats des publications sur le risque d’ostéoporose ne sont cependant pas consistants. C’est la raison pour laquelle une très vaste étude de cohorte a été menée en Suède (les Scandinaves sont de grands consommateurs de café…).
Les résultats, publiés en juillet dans American Journal of Epidemiology, montrent que le risque fracturaire n’est pas augmenté, quelle que soit la dose de café quotidienne. S’il existe une légère diminution de la densité minérale pour 4 tasses par jour ou plus, il n’y a pas d’augmentation du risque ostéoporotique significatif chez les grosses consommatrices de café.

Dans ce travail, les auteurs ont réalisé une étude longitudinale de population basée sur la Swedish Mammography Cohort, incluant 61433 femmes nées entre 1914 et 1948, qui ont été suivies de 1987 à 2008. La consommation de café a été déterminée grâce à des questionnaires réguliers sur leur alimentation.

Pendant la période de suivi, 14738 femmes ont souffert d’une fracture de tout type, et 3871 ont eu une fracture du bassin. Dans une sous-cohorte (n = 5022), la densité minérale osseuse a été mesurée et le degré d’ostéoporose déterminé (n = 1012).

Après un ajustement multivarié, les auteurs n’ont pas observé de risque accru lié à l’accroissement de la consommation de café, pour tout type de fracture (hazard ratio [HR] par 200 ml de café = 0,99 ; IC 95% : 0,98-1,00) ou pour la fracture du bassin (HR par 200 ml de café = 0,97, IC 95% : 0,95-1,00).
Une consommation élevée de café (4 tasses/jour ou plus) comparée à une faible consommation (< 1 tasse/jour) était cependant associée à une baisse de la densité minérale osseuse de 2% pour le corps entier et le fémur proximal, et de 4% au niveau du rachis lombaire (p < 0,001). Mais l’odds ratio pour l’ostéoporose n’était pas significatif et n’atteignait que 1,28 (IC 95% : 0,88-1,87).
Ainsi, la consommation élevée de café est associée à une faible réduction de la densité minérale osseuse sans conséquences sur le risque de fracture.

Pour en savoir plus :
Hallström H et al. Long-term coffee consumption in relation to fracture risk and bone mineral density in women. Am J Epidemiol. 2013 Jul 23, Epub ahead of print.

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Cœur

Le café a plutôt tendance à diminuer la tension artérielle…

Écoutez le podcast :

Le Dr Bruno Pannier (Centre d’Investigations Préventives et Cliniques, Paris) a présenté au congrès de L’European Society of Hypertension 2013 ses données sur 176 437 sujets, comparant les non-consommateurs, aux consommateurs de 1 à 4 tasses de café ou thé/jour ou de plus de 4 tasses/jour. Après divers ajustements, la consommation de café et de thé était associée à une baisse de la tension artérielle systolique et diastolique, et du rythme cardiaque. Les auteurs attribuent ces effets aux propriétés vasodilatatrices potentielles des antioxydants du café et du thé.