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Cerveau

Le café, la cognition et la psychomotricité : un autre composé que la caféine ?

Plusieurs études ont montré que la consommation de café pourrait s’avérer intéressante en prévention du vieillissement cognitif. Toutefois, les chercheurs ne savent pas encore a quel constituant de la boisson on peut attribuer ces bienfaits. Une étude américaine parue dans la revue Age revient sur cette question.

Les scientifiques ont tout d’abord donné à des rats âgés cinq régimes différents, comprenant respectivement 0 ; 0,165 ; 0,275 ; 0,55 et 0,825 % de café pendant 8 semaines. Ils analysaient en parallèle le comportement des animaux. Les rats recevant une supplémentation à hauteur de 0,55 % obtenaient de meilleurs résultats dans les tests psychomoteurs et dans les tâches impliquant la mémoire de travail (labyrinthe aquatique de Morris) que ceux soumis au régime témoin. Dans une seconde étude , les auteurs ont pu montrer que la caféine seule n’avait pas ces effets, mais qu’ils étaient plutôt imputables à d’autres composés bioactifs du café. Ils concluent que le café, en quantité raisonnable, peut réduire à la fois les déficits moteur et cognitif liés au vieillissement, par des composés différents de la caféine, non encore formellement identifiés à ce jour.

Pour en savoir plus :
Shukitt-Hale B, Miller MG, Chu YF, et al. Coffee, but not caffeine, has positive effects on cognition and psychomotor behavior in aging. Age (Dordr). 2013 Jan 24. [Epub ahead of print]

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Cerveau Productivité

Mémoire : le café décaféiné antagonise les effets de la scopolamine

Plusieurs études chez l’homme ont signalé que la consommation de café améliorait la performance cognitive. Un groupe coréen a recherché si le café décaféiné pouvait atténuer les déficits transitoires d’apprentissage et de mémoire induits par l’administration de scopolamine qui est un antagoniste non sélectif des récepteurs muscariniques.
L’apprentissage et la mémoire de travail ont été évaluées chez des rats Sprague-Dawley dans le labyrinthe aquatique de Morris et le test d’évitement passif à la lumière. Les rats recevaient du café décaféiné instantané à hauteur de 120 ou 240 mg/kg, équivalant à 3 ou 6 tasses de café pour un homme de 60 kg, et ce pendant 2 semaines.
Le café décaféiné seul n’avait pas d’effet direct sur l’apprentissage et la mémoire. Par contre, il était capable de réduire les déficits induits par l’administration de scopolamine et pouvait donc agir comme stabilisateur de la mémoire. Cet effet est dû à l’inhibition par le café décaféiné de l’élévation du taux d’une cytokine, le TNFα dans l’hippocampe résultant de l’administration de scopolamine. Ces données confirment le lien entre inflammation accrue/activation microgliale et les déficits cognitifs ainsi que les propriétés anti-inflammatoires et neuroprotectrices des polyphénols antioxydants du café.

Pour en savoir plus :
Jang YJ, Kim J, Shim J, et al. Decaffeinated coffee prevents scopolamine-induced memory impairment in rats. Behav Brain Res. 2013 ; 245 : 113-9.

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Cerveau

Les polyphénols du café en association à la caféine modulent l’activité cérébrale et exercent des effets neuroprotecteurs

Café et thé sont connus pour avoir des effets nets sur la cognition et l’humeur. Toutefois, à ce jour, une grande majorité des études se sont focalisées sur les effets de la caféine contenue dans ces boissons. Une revue récente a été consacrée aux effets propres des substances phytochimiques et à leur synergie avec les effets de la caféine. Dans le café et le thé, ils représentent essentiellement la classe des polyphénols antioxydants. Ces substances ont le potentiel d’exercer une myriade d’effets indépendants, synergétiques, additifs, modulateurs ou antagonistes des effets de la caféine. Parmi ceux-ci, on peut citer l’interaction des polyphénols avec le système immunitaire et les voies de signalisation du stress cellulaire. Au niveau du cerveau, les polyphénols régulent l’expression des cytokines inflammatoires, exercent des effets neuroprotecteurs, stimulent la neurogenèse et modulent la fonction vasculaire.
Quelques études épidémiologiques montrent une relation inverse significative entre la prise de polyphénols et l’incidence de la démence. De même, des études interventionnelles montrent que les polyphénols du café décaféiné exercent une action sur l’humeur et la cognition qui est modulée lorsque les polyphénols sont consommés dans le café (donc en combinaison avec la caféine).
A ce jour, il reste beaucoup de travaux à effectuer pour comprendre les effets propres de ces composés et surtout leurs relations synergétiques avec la caféine.

Pour en savoir plus
Haskell CF, Dodd FL, Wightman EL, et al. Behavioural effects of compounds co-consumed in dietary forms of caffeinated plants. Nutr Res Rev 2013 ; 8 : 1-22.

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Cerveau Cœur

La consommation de café prévient le déclin cognitif chez les femmes à risque vasculaire élevé

Les femmes qui ont des problèmes vasculaires (infarctus du myocarde, AVC ou AIT, angine de poitrine symptomatique) ont un risque accru de déclin cognitif rapide. Afin de déterminer si la consommation de café pouvait influer sur ce risque, des équipes françaises et américaines ont étudié 2 475 femmes âgées d’au moins 65 ans appartenant à la cohorte Women’s Antioxidant Cardiovascular Study caractérisée par des maladies cardiovasculaires prévalentes ou au moins 3 facteurs de risque coronaire (histoire parentale d’infarctus prématurée, diabète, hypertension, hyperlipidémie, ou indice de masse corporelle ≥ 30 kg/m2). Cette cohorte est un essai randomisé sur l’effet des antioxydants et des vitamines du groupe B pour la prévention secondaire des maladies cardiovasculaires.

Les auteurs ont contrôlé régulièrement la prise de caféine à l’entrée dans l’étude (1995–1996) à l’aide d’un questionnaire de fréquence de prise alimentaire validé sur 116 items. De 1998-2000 à 2005-2006, les auteurs ont procédé à quatre évaluations cognitives par téléphone à intervalles réguliers de deux ans qui ont porté sur la cognition globale, la mémoire verbale, et l’aisance à catégoriser. Les auteurs ont utilisé la Telephone Interview of Cognitive Status (TICS), une adaptation téléphonique de la Mini-Mental State Examination (0 à 41 points). Les variations dans les taux de déclin cognitif en fonction des quintiles de prise de caféine ont été ajustées pour les différences socio-démographiques, la santé, et le style de vie.

Les auteurs ont observé des vitesses de déclin cognitif significativement plus réduites avec l’augmentation de la prise de caféine (p-tendance = 0,02). La différence dans le taux de déclin cognitif entre les femmes avec les quintiles de prise de caféine le plus élevé (> 371 mg/jour) et le plus faible (< 30 mg/jour) était équivalente au déclin cognitif observé sur 7 ans dans un même groupe (p = 0,006). La consommation de café caféiné était reliée de manière significative à un déclin cognitif plus modéré (p-tendance = 0,05), mais ce n’était pas le cas des autres produits contenant de la caféine (thé, cola, chocolat). Les analyses d’interaction ont montré une association plus marquée chez les femmes supplémentées en vitamine B (p-interaction = 0,02).

En conclusion, il apparaît donc qu’y compris chez les femmes à risque vasculaire élevé, la consommation de caféine est reliée à un maintien significativement meilleur de la performance cognitive étudiée sur 5 ans.

Pour en savoir plus
Vercambre MN, Berr C, Ritchie K et al. Caffeine and cognitive decline in elderly women at high vascular risk. J Alzheimers Dis 2013 ; 35 : 413-21.

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Santé générale

La caféine aurait un effet anti-douleur…

VRAI ! La réponse en vidéo.

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La caféine a des propriétés analgésiques par elle-même. De plus, elle accroît de 40 % environ l’effet anti-douleur de l’aspirine, du paracétamol ou des anti-inflammatoires non-stéroïdiens.

La caféine est efficace dans les céphalées, en particulier les céphalées de tension. Dans ce type de douleur, une partie de son action est liée à son effet vasoconstricteur central.

La caféine est efficace aussi dans les douleurs dentaires ou menstruelles mais pas dans les douleurs post-opératoires. L’effet de l’impact quotidien de la prise de caféine sur la douleur n’a pas été étudié.

Il est donc vrai que la caféine peut exercer des effets analgésiques en particulier en adjuvant d’autres molécules antalgiques.