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Métabolisme

Moins de LDL cholesterol après un café ?

Dans ce travail, les auteurs ont étudié les effets antioxydants des polyphénols du café sur l’inhibition de la peroxydation des lipides de la viande rouge dans l’estomac. La viande rouge est oxydée dans l’estomac et ce processus contribue à l’absorption et à l’accumulation de composés cytotoxiques comme le malondialdéhyde (MDA). Son absorption dans le sang a été mesurée dans un groupe de 10 volontaires. Dans le plasma analysé après un repas composé de côtelettes de viande rouge (250 g), les auteurs ont observé une accumulation rapide de MDA. Récemment, ces mêmes auteurs avaient montré que l’absorption et l’accumulation de MDA dans le plasma humain à partir d’une source alimentaire augmentait la concentration des low-density lipoprotéines (LDL) connues pour générer de l’athérosclérose.

La consommation de 200 ml par les 10 volontaires de café torréfié-moulu filtré pendant un repas de côtelettes de viande rouge a résulté après 2 et 4 h en une inhibition respective de 80 et 50 % de l’absorption postprandiale plasmatique de MDA. Les polyphénols du café torréfié-moulu inhibent 2 à 5 fois plus efficacement la péroxydation lipidique dans l’estomac que ceux retrouvés dans le café instantané. Ainsi, l’adaptation du timing de la consommation de café au cours des repas pourrait permettre d’en faire un aliment fonctionnel très actif de par ses propriétés antioxydantes marquées.

Source : Sirota R, et al. Coffee polyphenols protect human plasma from postprandial carbonyl modifications. Mol Nutr Food Res. 2013 Jan 16. [Epub ahead of print]

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Sports Système immunitaire

Quel effet de la caféine dans la réponse inflammatoire après une course à pied ?

Des auteurs se sont intéressés aux effets d’une supplémentation en caféine sur la réponse inflammatoire (taux d’IL-6, d’IL-10 et nombre de leucocytes) induite par une course de 15 km, sur les métabolites énergétiques et sur le stress oxydatif engendré par cet exercice.

Cette étude était réalisée en double aveugle. Trente-trois athlètes y participaient. Avant la course, ils prenaient soit 6 mg/kg de poids corporel de caféine (groupe caféine, n = 17) ou un placebo (groupe placebo, n = 16). Des échantillons de sang étaient prélevés avant et après la compétition (immédiatement et 2 heures après). Les concentrations de marqueurs de stress oxydatif, d’antioxydants, des interleukines, de caféine, d’adrénaline et des métabolites énergétiques, ainsi que le nombre de leucocytes, étaient mesurés dans le plasma ou le sérum.

Au terme de cette expérience, il s’avère que la supplémentation en caféine induit une augmentation des leucocytes circulants totaux et des neutrophiles, avec des différences significatives entre les groupes. Il en était de même pour l’adrénaline, le glucose et les taux de lactate après exercice. L’augmentation des taux d’IL-6 et IL-10 induits par l’exercice était accentuée par la prise de caféine, en parallèle avec les marqueurs du stress oxydatif.

Ainsi, la supplémentation en caféine pourrait limiter la réaction inflammatoire nécessaire -mais souvent excessive- liée à l’exercice, ainsi qu’en témoigne l’augmentation des taux d’IL-6 et 10. L’augmentation des taux d’IL-6 et de lactate serait liée à une augmentation de l’adrénaline engendrée par la caféine. Par contre, la caféine semble augmenter le stress oxydatif induit par la course mais le mécanisme sous-jacent n’est pas connu.

Source : Tauler P et al. Effects of caffeine on the inflammatory response induced by a 15-km run competition. Med Sci Sports Exerc. 2013 Jan 4. [Epub ahead of print]

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Cancer Système digestif

Un effet protecteur du café dans le cancer de l’œsophage ? Résultats d’une méta-analyse

Une méta-analyse chinoise montrerait un rôle potentiel du café dans la protection contre l’apparition d’un cancer de l’œsophage. Ces résultats ont été publiés en janvier 2013 dans la revue Nutrition and Cancer.

Les auteurs ont utilisé des travaux provenant de PubMed, ISI-Web of Science, China National Knowledge Infrastructure (CNKI) et de la Chinese VIP database publiés jusqu’en Octobre 2011. Quatorze études cas-témoins et études de cohorte concernant la relation entre la consommation de café et risque de cancer de l’œsophage ont été retenues. Une association inverse entre la consommation de café par rapport à l’absence ou une faible consommation et le risque de cancer était proche de la significativité (OR = 0,88 ; IC 95% : 0,76 – 1,01). Par contre, la relation inverse est devenue significative lorsque seules les études asiatiques ont été incluses (OR = 0,67, IC 95% : 0,55 – 0,82). Par contre, l’analyse des effets dose-réponse n’a pas montré d’association significative inverse pour chaque consommation supplémentaire de 2 tasses / jour (OR = 1,00, IC 95% : 0,89 – 1,12). Des effets similaires ont été retrouvés pour la consommation de thé vert, mais pas de thé noir.

Ces effets préventifs pourraient refléter les propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, anti-carcinogènes et immunostimulantes du café. Les effets plus nets du café dans le cancer de l’œsophage chez les populations asiatiques pourraient être liés à des différences dans le patrimoine génétique mais aussi dans le régime alimentaire de ces populations.

Source : J-S Zheng et al. Effects of green tea, black tea, and coffee consumption on the risk of esophageal cancer: a systematic review and meta-analysis of observational studies. Nutr Cancer 2013 ; 65 :1-16.

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Idées Reçues Vidéos

Le café rend-il dépendant ?

FAUX ! La réponse en vidéo.

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Certains individus se déclarent dépendants du café et de la caféine qu’il contient.

On peut observer un syndrome de sevrage à l’arrêt de la consommation de caféine.

Il ne se produit cependant que chez 10 % des sujets qui ressentent fatigue, céphalées, irritabilité voire des nausées et il s’estompe en 24-48 h.

Par contre, café et caféine n’activent pas le circuit cérébral de dépendance et de plaisir, ce que font les substances considérées comme des drogues, mais aussi le sucre qui active ces circuits.

De plus, la caféine ne génère pas de tolérance : c’est-à-dire que les individus maintiennent une consommation stable de caféine au fil du temps correspondant essentiellement à l’état de vigilance qu’ils recherchent.

Donc il est faux de considérer que le café et la caféine génèrent une dépendance.

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Productivité

La caféine augmente nos capacités d’attention

Bien que de nombreuses revues aient été consacrées aux effets de la caféine sur le comportement humain et la performance, il reste des incertitudes sans doute liées à la variabilité importante dans les études au niveau de la méthodologie, des types de tests utilisés, de la dose de caféine et des caractéristiques de la population étudiée.

Ainsi, s’il existe un consensus sur les effets de la caféine sur la performance dans les tâches simples, on ne sait pas clairement ce qu’il en est des tâches complexes ou si la caféine affecte la performance de trois réseaux d’attention : la mise en alerte, le choix de la réponse et le contrôle exécutif. Les auteurs ont également étudié les effets de la dose de caféine et les effets du sevrage.

L’analyse des données de la littérature montre que la caféine augmente la performance dans les tâches simples et complexes, et affecte la mise en alerte et le contrôle exécutif. Par contre, les effets de la dose de caféine sur ces fonctions ne sont pas concluants, pas davantage que les effets potentiels de la consommation habituelle de caféine sur la performance. Par contre, il apparaît clairement que les effets de la caféine ne peuvent pas être attribués à un renversement des effets du sevrage.

Cette analyse de la littérature a permis de mettre en évidence que l’ingestion de caféine a des effets clairs sur l’attention et que ces effets sont même plus étendus que ce qu’on pouvait considérer.

Pour en savoir plus : Einöther SJ, Giesbrecht T. Caffeine as an attention enhancer: reviewing existing assumptions. Psychopharmacology (Berl). 2013 ; 225 : 251-74.

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Cerveau Système immunitaire

Un constituant du café exerce des propriétés neuroprotectrices et anti-inflammatoires dans un modèle de maladie de Parkinson

La consommation de café est associée à une réduction du risque de développer une maladie de Parkinson (MP), un effet qu’on attribue en grande partie à la caféine. Mais le café est riche d’un bon nombre de constituants autres tels que l’eicosanoyl-5-hydroxytryptamide (EHT). Ce composé est efficace chez la souris transgénique a-synucléine. Chez cette souris, l’EHT réduit l’agrégation et la phosphorylation des protéines, améliore l’intégrité neuronale et réduit la neuroinflammation. Ici les auteurs ont appliqué le traitement par l’EHT à un modèle de MP, le MPTP.

Ils ont montré que l’EHT ajoutée à la nourriture pendant 4 semaines a permis de préserver un plus grand nombre de neurones dopaminergiques chez les souris MPTP, de réduire la perte du contenu en dopamine et son enzyme de synthèse, la tyrosine hydroxylase dans le striatum et enfin d’atténuer significativement les marqueurs de neuroinflammation et de stress oxydatif chez ces souris.

Parallèlement, les auteurs ont montré in vitro, dans des cultures de cellules gliales, l’effet anti-inflammatoire et anti-oxydant de l’EHT. Enfin, l’EHT réduit la déméthylation de la phosphoprotéine phosphatase 2A (PP2A) qui régule les voies de phosphorylation cellulaire et dont le degré de méthylation et donc d’activité est diminué dans la MP.

Ainsi, il apparaît que l’EHT peut exercer un effet neuroprotecteur dans le modèle MPTP de MP et ceci par plusieurs mécanismes, une activité anti-inflammatoire et anti-oxydante, ainsi que sa capacité à moduler la méthylation et ainsi l’activité de PP2A. Ces données ouvrent de nouvelles perspectives sur la capacité de divers constituants du café à intervenir dans son effet préventif dans les maladies neurodégénératives et en particulier la MP.

Pour en savoir plus : Lee KW, Im JY, Woo JM, et al. Neuroprotective and anti-inflammatory properties of a coffee component in the MPTP model of Parkinson’s Disease. Neurotherapeutics. 2013 ; 10 : 143-53.

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Cancer Système digestif

Le café réduirait la mortalité dans le cancer oropharyngé létal

Les facteurs de risque du cancer oropharyngé sont principalement la consommation de tabac et d’alcool. Neuf études cas-témoins et une étude de cohorte prospective ont mis en évidence une relation inverse significative entre l’incidence de ce cancer et la consommation de café. Ici les auteurs ont étudié l’association entre la consommation de café normal, décaféiné ou de thé et le risque de cancer oropharyngé létal.

Ils ont utilisé une large cohorte de 968 432 hommes (Cancer Prevention Study II démarrée en 1982 avec 26 ans de suivi). Pendant cette période, les auteurs ont enregistré 868 décès dus au cancer oropharyngé. Ils ont observé que la consommation d’au moins 4 tasses quotidiennes de café normal était associée à une réduction du risque de décès par ce cancer de 49% par rapport à la non-consommation ou la consommation occasionnelle (Risque relatif (RR) : 0,51, Intervalle de confiance (IC) 95 % : 0,40-0,64). Le risque se réduit de manière dose-dépendante pour chaque tasse de café consommé. Le risque est également réduit pour l’ingestion de plus de deux tasses quotidiennes de café décaféiné (RR : 0,61, IC 95 % : 0,37-1,01). Aucune association n’a été retrouvée pour la consommation de thé.

Les résultats de cette étude renforcent les données antérieures sur la réduction de l’incidence de ce cancer par la consommation de café et suggèrent l’effet protecteur du café sur le décès lié à ce cancer. Aucune étude ne s’est toutefois intéressée au lien entre la consommation de café et le pronostic du cancer oropharyngé. Enfin, comme seul le café aussi bien décaféiné que normal est efficace, au contraire du thé, il est vraisemblable que les composés antioxydants spécifiques du café sont à l’origine de cet effet protecteur dans le cancer oropharyngé létal. Reste à les identifier.

Pour en savoir plus : Hildebrand JS, Patel AV, McCullough ML, et al. Coffee, Tea, and Fatal Oral/Pharyngeal Cancer in a Large Prospective US Cohort. Am J Epidemiol. 2013 ; 177 : 50-8.

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Cerveau Cœur Podcasts

La consommation de café réduirait le risque d’accident vasculaire cérébral selon une méta-analyse récente

Écoutez le podcast :

De nombreuses études se sont intéressées à la relation entre la consommation de café et le risque d’AVC mais les résultats sont quelque peu inconsistants. Cette méta-analyse récente a regroupé les données de 9 études de cohorte sur le sujet publiées entre 2001 et 2011 avec un total de 206 437 individus pour 8110 cas d’AVC.

Le risque relatif de développer un AVC pour la consommation la plus élevée de café (4 tasses ou plus de café/jour) par rapport à la plus faible (moins d’une tasse/jour) s’élève à 0,83 (IC 95 % : 0,76-0,91). Dans les analyses de sous-groupes, le RR était de 0,82 (IC 95 % : 0,74-0,92) pour les européens, de 0,81 (IC 95 % :0,70-0,93) pour les femmes et de 0,80 pour les AVC ischémiques (IC 95 % : 0,71-0,90).

Ainsi cette méta-analyse confirme le rôle préventif de la consommation de café dans le développement de l’AVC. Toutefois d’autres études restent nécessaires en particulier pour identifier les composants du café responsables de cet effet.

Pour en savoir plus : Kim B, Nam Y, Kim J, et al. Coffee consumption and stroke risk: A meta-analysis of epidemiologic studies. Korean J Fam Med. 2012 ; 33 : 356-65.

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Métabolisme

Le café fait-il maigrir ?

Attention à la confusion entre la caféine utilisée localement dans les crèmes amincissantes et la boisson café !

Des scientifiques ont comparé l’effet du café sur le métabolisme de base (consommation énergétique liée au fonctionnement physiologique de l’organisme) et la dépense énergétique chez des volontaires sains.

Une tasse de café augmente le métabolisme de base de 3 à 4 % pendant 150 minutes. Si l’on répète cette dose toutes les 2 h sur 12 h, le métabolisme de base augmente de 8 à 11 % sur la journée.

L’effet net est une perte calorique de 150 kcal chez les sujets minces, plus modérée chez les personnes en surpoids. Cet effet n’est observé que pour une absorption de café « normal », non décaféiné, et pour une consommation répétée souvent dans la journée.

En pratique, il ne faut pas attendre du café une réelle perte de poids, mais l’on peut rappeler que le café contient 0 calories.

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Antioxydants

Le café : une source d’antioxydants à ne pas négliger !

Outre les fruits et les légumes, le café est l’un des plus grands pourvoyeurs de molécules antioxydantes, parmi lesquelles les polyphénols.

Selon les premiers résultats de l’étude Nutri-Net Santé, publiés en mai 2010, « les polyphénols sont des micro-constituants naturels apportés par un certain nombre d’aliments d’origine végétale, pour lesquels existent des hypothèses prometteuses en termes d’effet protecteur vis-à-vis des cancers, des maladies cardiovasculaires et des neuropathies dégénératives. »

Les auteurs ajoutent que les principales sources alimentaires de polyphénols sont le café (36,9 %), le thé (33,6 %), le chocolat (10,4 %) et les fruits et légumes (7,4 %).

Une tasse de café contient en effet entre 200 et 550 mg de polyphénols suivant le degré de torréfaction du grain. On estime que la consommation de café apporte 0,5 à 1 g de polyphénols quotidiennement.

Ces polyphénols sont principalement les acides chlorogénique, caféique et quinique, anti-oxydants particulièrement bien assimilés par l’organisme.

Vous pouvez vous aussi participer à l’étude NutriNet-Santé en vous connectant sur :

www.etude-nutrinet-sante.fr